Édito – Robert Albergucci – Le pari d’un jazz populaire et festif.
Hors-Série spécial Jazz à Toulon 2026
Jazz à Toulon revient pour une 36e édition entièrement gratuite. Entre têtes d’affiche internationales et scène régionale, le festival investit les places du centre-ville et les quartiers avec une ambition intacte : faire découvrir le jazz au plus grand nombre. Rencontre avec Robert Albergucci, directeur de Toulon Métropole Événements et Congrès et programmateur du festival.
Comment en êtes-vous venu à organiser Jazz à Toulon ?
Cette année marque la 36e édition du festival. À ses débuts, il était organisé par le Comité Officiel des Fêtes de Toulon et a connu de très belles heures, avant de traverser une période plus compliquée. Le jazz était devenu moins accessible et certains concerts ne rassemblaient que quelques centaines de personnes sur la place de la Liberté. J’ai alors proposé à Monsieur le Maire de reprendre le festival pour en faire ce qu’il est devenu aujourd’hui : un grand rendez-vous populaire, toujours gratuit, qui profite aussi aux commerçants du centre-ville.
Depuis quelques années, le festival connaît un véritable succès…
Depuis 2021, Jazz à Toulon ne cesse de grandir. Notre ambition est simple : offrir gratuitement au public les plus grandes stars internationales du jazz tout en faisant vivre les quartiers de la ville grâce à une programmation « off » mettant en valeur les groupes locaux et régionaux.
Les concerts affichent complet presque tous les soirs. L’an dernier, par exemple, le concert de Alberto Fonseca sur la place de la Liberté a rassemblé une foule impressionnante. Certains nous reprochent de proposer un jazz trop commercial. Je préfère parler de jazz festif et accessible. Le plus beau compliment que l’on entend, c’est : « Je ne pensais pas que le jazz pouvait être ça. »
Comment avez-vous construit la programmation de cette édition ?
Nous accueillons cette année encore de très grands artistes. Le festival s’ouvrira le 26 juillet avec le Spanish Harlem Orchestra, une référence mondiale des musiques afro-cubaines qui ne donnera que deux concerts en France cet été. C’est un groupe que nous essayions de programmer depuis quatre ans. Le lendemain, place à l’Orquesta Akokan, autre formation afro-cubaine réunissant plus de huit musiciens. Le public pourra également retrouver Érik Truffaz, qui mêlera sa trompette aux accents flamenco du saxophoniste Antonio Lizana, ou encore le collectif féminin Solaxis. Richard Galliano se produira à Saint-Jean-du-Var, tandis que la chanteuse Fabiola Mendez investira la place Martin-Bidouré. Enfin, Alfredo Rodriguez jouera place Raspail, un lieu que j’affectionne particulièrement. Cette petite place provençale, au cœur des Halles, offre une atmosphère unique. Les artistes adorent s’y produire : Al Di Meola avait lui-même été séduit par l’ambiance.
Le « off » est devenu un élément essentiel du festival…
Absolument. Chaque année, nous étendons un peu plus cette programmation dans les quartiers, du Mourillon à Saint-Jean-du-Var. Les concerts ont lieu de 19h à 20h30, permettant au public de prendre l’apéritif ou de dîner en ville avant de rejoindre les grands concerts de 21h30. Cette année, le festival proposera dix concerts « off ». On y retrouvera notamment Alf & Half, Hors Champ, GMG Trio ou encore Christine Lutz, avec des formations allant du quartet au sextet et représentant la scène locale, départementale et désormais régionale. De plus en plus de commerçants et de comités d’intérêt local nous sollicitent pour accueillir des concerts. Nous travaillons avec Madame le Maire pour continuer à développer cette présence dans les quartiers.
Fabrice Lo Piccolo
Robert Albergucci
Directeur de Toulon Métropole événements et Congrès
Programmateur de Jazz à Toulon