Tiffany & the Nightbirds – L’élégance des grands standards.
Festival off – Le 4 août – Place Général Pouyade
À la tête de Tiffany & The Nightbirds, la chanteuse Tiffany Muzellec revisite les standards du jazz vocal des années 1940 et 1950 avec sensibilité et élégance. Avant sa venue au Off de Jazz à Toulon, elle évoque son parcours, ses influences et son amour des chansons intemporelles.
Comment est né Tiffany & The Nightbirds ?
J’ai rencontré tous les musiciens au fil de jam sessions marseillaises. Le projet a débuté avec Simone Pace, le guitariste. Nous avons longtemps joué en duo avant d’avoir envie d’élargir la formule. J’ai ensuite rencontré Nghia Duong et Léo Achard lors de jams. Il y a eu une vraie évidence humaine et musicale. Depuis, nous travaillons ensemble et le groupe a trouvé son identité.
Votre répertoire est largement composé de standards du jazz vocal. Qu’est-ce qui guide vos choix ?
Nous nous intéressons surtout aux standards des années 1940 et 1950. J’aime aller chercher des morceaux peu connus, parfois oubliés. Il y a une vraie démarche de recherche. Ensuite, nous les réarrangeons à notre manière. Nous intégrons aussi quelques compositions personnelles au répertoire. Elles restent dans cette esthétique très marquée par le jazz traditionnel, même si elles apportent forcément quelque chose de plus intime.
Vous ne cherchez donc pas à moderniser à tout prix ces chansons ?
Pas vraiment. Je ne vois pas notre travail comme une volonté de modernisation. Il s’agit plutôt de s’approprier une matière déjà existante. Je choisis souvent des chansons dont les textes me touchent encore aujourd’hui, des textes qui résonnent toujours malgré les décennies. Nous partageons tous une esthétique proche du jazz de cette époque. C’est la musique avec laquelle nous nous sommes construits. La modernité peut aussi naître de l’interprétation, de la manière dont on habite un morceau, sans forcément transformer profondément son langage musical. J’ai grandi avec les comédies musicales que mes parents me faisaient découvrir, notamment celles des années 1950. Très tôt, j’ai été fascinée par cette musique, mais aussi par la danse et toute cette esthétique. Pourtant, mes débuts se sont faits dans un univers assez différent : je jouais de la basse et je chantais dans un groupe de rock aux influences folk des années 1970. Mon intérêt pour le jazz est venu progressivement, notamment grâce à mon père, qui en écoute énormément, mais aussi grâce à des professeurs qui m’ont initiée à cette musique.
Vous serez cet été au Off de Jazz à Toulon. Que représente ce rendez-vous pour vous ?
C’est un festival que je connais et dont je suis la programmation avec beaucoup d’attention. J’ai toujours été impressionnée par la qualité des artistes invités. Je suis donc très heureuse de participer à cette édition et de faire partie du Off. C’est une belle opportunité de rencontrer un nouveau public dans un cadre qui semble particulièrement convivial.
Que diriez-vous à quelqu’un qui va découvrir Tiffany & The Nightbirds pour la première fois à Toulon ?
J’espère avant tout que les spectateurs ressentiront le plaisir que nous avons à jouer ensemble. Le partage est vraiment au cœur du projet. Le concert sera aussi l’occasion de découvrir des chansons et des artistes parfois méconnus. J’aime raconter l’histoire des morceaux, les replacer dans leur contexte ou présenter les artistes qui les ont inspirés. Au fond, ce qui me touche le plus dans le chant, c’est cette capacité à raconter des histoires et à créer un lien avec le public.
Grégory Rapuc