Frédéric Landini – L’avant-garde musicale face à la Méditerranée.
Hors série festivals 2026
Du 24 au 26 juillet 2026 sur le site archéologique d’Olbia.
Entre site archéologique et coucher de soleil sur l’Almanarre, le Midi Festival crée des concerts inoubliables à Hyères. Fidèle à son ADN de défricheur, l’événement mêle artistes émergents et figures accomplies de la scène indépendante internationale. Son directeur et programmateur, Frédéric Landini, présente une édition marquée par le retour du rock et la découverte.
Le Midi Festival est désormais bien installé sur le site archéologique d’Olbia. Que représente ce lieu pour toi ?
Depuis 2019, nous avons appris à parfaitement connaître le site. Nous avons trouvé un équilibre entre le confort du public, la circulation dans l’espace et la préservation de ce patrimoine exceptionnel. Olbia correspond totalement à l’esprit du Midi Festival. Nous avons toujours aimé investir des lieux remarquables. Ici, nous sommes sur un site chargé d’histoire, face à la mer, dans un cadre rare aussi bien pour les artistes que pour les spectateurs.
Cette édition oscille entre belles découvertes et artistes confirmés, comment as-tu construit cette programmation ?
Comme chaque année, nous proposons un panorama des musiques indépendantes actuelles, avec une grande place accordée à la découverte. Beaucoup d’artistes jouent pour la première fois en France ou se trouvent à un moment charnière de leur parcours. Nous accueillons tout de même quelques figures plus installées. C’est le cas de Marlon Magnée, l’un des fondateurs de La Femme, dont le premier album solo nous a beaucoup séduits. Il se produira le samedi dans une soirée où l’on entendra davantage de français que d’habitude au Midi Festival. Nous recevrons également Alexis Taylor, le leader de Hot Chip, qui clôturera le festival le dimanche avec son projet solo. Nous avons toujours aimé faire venir des artistes qui ont marqué l’histoire des musiques indépendantes.
Quels seront les autres temps forts du week-end ?
Le vendredi, nous ouvrirons avec AKA, un jeune groupe de Liverpool découvert avant même la sortie de son premier single. On retrouvera également Ok Kaya, Ulrika Spacek et le Danois Elias Rønnenfelt, avant une fin de soirée plus électronique avec DJ Kokoprisci dans la Midi Box. Le samedi réunira notamment Marlon Magnée, l’Américain The Man The Myth The Meatslab, entre soul, folk et funk, qui me fait penser à Bon Iver, Snuggle, du rock shoegazing danois, The Itch avec un rock un peu club anglais et on clôture avec une DJ française Louise Chen. Le dimanche fera la part belle aux concerts live avec Little Grand Dad, Lauren Auder, le groupe britannique 1.000 Rabbits, l’Italien Giorgio Poi et enfin Alexis Taylor pour une clôture qui s’annonce particulièrement forte.
On sent aussi un retour du rock dans la programmation.
Oui, et ce mouvement est visible depuis plusieurs années, notamment en Angleterre. Une nouvelle génération de musiciens s’est réapproprié le rock avec ses propres préoccupations et sa propre vision du monde. Longtemps, certains ont considéré cette musique comme appartenant au passé. Or, on voit émerger des groupes extrêmement créatifs, techniquement impressionnants et souvent très engagés. Ils mélangent les influences, explorent de nouvelles formes et continuent à faire du rock un formidable outil d’expression. On retrouve cette dynamique à Marseille comme ailleurs, avec un public souvent très jeune. C’est une scène vivante, inventive et en constante évolution.
Le Midi Festival a souvent eu le flair pour repérer les talents avant tout le monde, comment réussis-tu ce tour de force ?
C’est une part importante de notre identité. Nous avons accueilli très tôt des artistes comme Disclosure, Malik Djoudi, Flavien Berger, L’Impératrice, The XX, Yoa ou encore Oklou. Tout part de l’intuition et du coup de cœur. J’écoute énormément de musique toute l’année, notamment pour mon émission Super Monday sur Radio Active. Chaque mois, je découvre des dizaines de nouveaux projets. Parmi eux, certains provoquent une émotion immédiate et donnent envie de les programmer avant même qu’ils ne soient reconnus par le grand public.
Fabrice Lo Piccolo