Hifiklub – « Mocomono », un nouvel album avec Alain Johannes.
Lancement de Mocomono à Arkadre et soirée selecta au Badaboum, à Toulon le 27 juin 2026
Entre rock expérimental, musique algorithmique et collaborations internationales, Régis Laugier, bassiste et membre fondateur d’Hifiklub, groupe toulonnais habitué de nos colonnes, revient sur leur nouvel album « Mocomono » conçu avec le musicien et producteur Alain Johannes, figure majeure de la scène alternative américaine.
Votre collaboration avec Alain Johannes dure depuis longtemps. Comment est-elle née ?
Alain Johannes est un guitariste, chanteur et producteur, passé notamment par Queens of the Stone Age. Notre lien remonte quasiment aux débuts du groupe. Il était déjà intervenu sur l’album « How to Make Friends ». Très vite, il est devenu une présence importante dans l’histoire d’Hifiklub. On a enregistré dans son studio 11AD, lieu mythique où sont passés Chris Cornell ou Mark Lanegan. Puis il y a eu le film « Plans Make God Laugh », dont on a enregistré la bande originale avec lui dans le désert du Mojave, avec les coyotes comme voisins, où Alain se racontait lui-même. Depuis, il a accompagné beaucoup de nos projets, comme l’album corse « Infernu », ou encore « Scorpklub », enregistré avec Scorpion Dagger. « Mocomono » trouve son origine dans une application de musique algorithmique que nous avons développée. On a retenu les thèmes les plus forts générés par l’algorithme pour en faire de vrais morceaux écrits par Hifiklub, puis complétés par Alain. On est dans une esthétique ambiante et répétitive, avec des développements très lents, une musique immersive et enveloppante. Hifiklub change souvent d’univers d’un disque à l’autre : là il n’y a quasiment pas de batterie acoustique, plutôt des synthés modulaires. On retrouve nos trois instruments : la guitare de Jean-Loup Faurat, celle d’Alain Johannes, et ma basse. Anthony Belguise participe aussi au projet à la fois comme claviériste, ingénieur du son, arrangeur, conseiller musical et réalisateur artistique. Nous sommes un duo à géométrie variable avec Jean-Loup et moi, autour duquel gravitent des musiciens locaux ou internationaux. Nous avons aujourd’hui sorti vingt-cinq albums avec plus de deux cents invités. Nous présenterons « Mocomono » à Toulon le 27 juin à Arkadre à 18h puis nous ferons une soirée selecta au Badaboum à partir de 20h où Jean-Loup et moi passerons des 45 tours pendant plusieurs heures.
L’univers visuel de Mocomono est particulièrement travaillé…
Habituellement, Hélène Mailloux réalise tous nos visuels, mais cette fois nous avons collaboré avec Jordan Warren, un artiste anglais lié au collectif Library of the Occult qui distribue l’album. Il a imaginé une sorte de totem subaquatique composé de corps de guitares et de basse, comme une structure immergée dans la rade de Toulon. Et l’artiste mexicaine Susana Moyaho. Elle a réalisé un réel par morceau du disque. On voulait sortir du format classique du clip. Son univers est très marqué par une esthétique sombre et sensuelle, avec une utilisation personnelle de l’intelligence artificielle.
Hifiklub développe donc aussi une application de musique aléatoire. Comment fonctionne-t-elle ?
Le projet a débuté au Jardin remarquable de Baudouvin, puis s’est développé. Dans un périmètre géolocalisé, le public scanne un QR code qui donne accès à une page. La musique ne peut être écoutée qu’à cet endroit précis. Ensuite, l’algorithme génère en permanence des morceaux inédits à partir de centaines de pistes compatibles entre elles, avec lecture de textes. On a enregistré énormément de matière avec différents artistes : Oscar Carls des Viagra Boys, Lee Tesche du groupe Algiers, New Age Doom, ou encore Shirley Manson de Garbage pour certaines lectures. Le projet évolue au fil des rencontres.
Fabrice Lo Piccolo