La Compagnie Créole – Donner du bonheur est devenu une mission.
La Compagnie Créole le 12 août sur la Place de la République à La Garde
Alors que La Compagnie Créole célèbre cette année ses cinquante ans de carrière avec la tournée « Le bal continue », Clémence Bringtown, chanteuse et figure emblématique du groupe, évoque une aventure humaine et artistique hors du commun, portée par un public toujours fidèle.
Cinquante ans après la création de La Compagnie Créole, quel regard portez-vous sur cette incroyable aventure ?
Je suis d’abord étonnée. Nous ne sommes pas un groupe de la génération actuelle et pourtant le public est toujours là. Il y a énormément de jeunes qui viennent nous voir, chanter avec nous et reprendre nos chansons. Chaque fois que je monte sur scène, je ressens une émotion particulière. La fidélité du public me touche énormément. Nous sommes présents dans leurs mariages, leurs anniversaires, leurs fêtes. Les enfants voient leurs parents danser sur nos chansons et, à leur tour, ils les apprennent. Je n’aurais jamais imaginé une telle longévité. Mais je ne m’endors pas sur mes lauriers : avant chaque concert, j’ai toujours cette appréhension de ne pas décevoir. Heureusement, quand je vois l’enthousiasme du public, je sais que la magie fonctionne encore.
Vous avez connu les vinyles, les cassettes, les CD puis le streaming. Comment avez-vous vécu toutes ces évolutions ?
Comme beaucoup d’artistes de ma génération, j’ai eu un peu de mal au départ avec toutes ces nouvelles plateformes. Mais il faut suivre son époque. Aujourd’hui, nous sommes présents sur Spotify et les plateformes numériques, même si cela demande une adaptation permanente. Ce qui est très touchant, c’est de voir que des spectateurs continuent à venir avec leurs anciens vinyles pour les faire dédicacer. Beaucoup restent attachés à cet objet. Nous préparons actuellement un projet autour des cinquante ans du groupe et nous réfléchissons même à une éventuelle sortie en vinyle.
Depuis toujours, La Compagnie Créole est associée à la fête et à la bonne humeur. Dans le contexte actuel, est-ce une responsabilité particulière ?
Oui, bien sûr. Comme tout le monde, je ressens la morosité, le stress ou l’anxiété qui traversent notre société. Mais lorsque je monte sur scène, je sais pourquoi les gens sont venus. Ils ont besoin, le temps d’un concert, d’oublier leurs soucis et de partager un moment de joie. Mon rôle est de leur apporter ce bonheur. Chaque concert est un moment de bonheur partagé. C’est un échange très fort avec le public.
La tournée estivale vous mènera notamment à La Garde. Les concerts en plein air ont-ils une saveur particulière ?
Complètement. Les concerts en salle et les concerts en plein air sont très différents. En salle, on peut se permettre des moments plus intimistes. En extérieur, les gens viennent avant tout pour danser et faire la fête. Il y a une énergie particulière lors de ces soirées d’été. Le public est détendu, il profite pleinement de l’instant. Ce sont toujours des rendez-vous très chaleureux.
Après cinquante ans de carrière, qu’est-ce qui vous donne encore envie de monter sur scène ?
Le public, avant tout. Quand nous donnons un concert et que les spectateurs chantent chaque chanson avec nous, c’est extrêmement motivant. Bien sûr, il y a parfois de la fatigue, mais nous avons toujours cette envie. Tant qu’elle sera là, nous continuerons. Dès que je pose le pied sur scène, je ressens une véritable vague d’amour. Quand je vois les sourires, les gestes d’affection ou les cœurs formés avec les mains, j’ai l’impression d’être utile, d’apporter quelque chose aux gens. Parfois, je me dis même que c’est une mission. Tant que je pourrai donner du bonheur, je continuerai.
Grégory Rapuc