Laurent Barat – C’est en parlant de soi, qu’on finit par parler à tout le monde.
Laurent Barat s’enchaîne, le 27 novembre
Laurent Barat s’est construit un univers où les petits tracas du quotidien côtoient les grands bouleversements de la vie. Nourri par la radio, la télévision et les rencontres qui ont façonné son écriture, il transforme aujourd’hui les évolutions de l’âge, de l’amour et de la famille en matière scénique. Une manière de rire de soi pour mieux toucher à l’universel.
De « Laurent Barat a presque grandi » à aujourd’hui, vous en êtes à votre quatrième spectacle. Avez-vous l’impression de raconter votre propre évolution au fil de vos rendez-vous avec le public ?
C’est la meilleure définition de mon travail ! À mes débuts, quand je faisais les premières parties de Gad Elmaleh, il m’a transmis ce précepte : c’est en parlant de soi qu’on finit par parler de tout le monde. Le public doit pouvoir se reconnaître. Mes premiers spectacles abordaient l’enfance et le passage à l’âge adulte. Aujourd’hui, le cap de la quarantaine est là, on se rapproche de la cinquantaine, le corps évolue… Mais mon créneau reste d’apporter de la bonne humeur et du sourire, quel que soit l’âge.
Votre parcours est très marqué par les médias. En quoi la radio et la télévision influencent-elles votre démarche sur les planches ?
Elles m’ont apporté une véritable rigueur de travail. Quand j’étais dans la bande d’Anne Roumanoff sur Europe 1, j’avais tendance au début à écrire des textes très structurés. Elle m’a fait remarquer un jour que j’étais bien plus drôle et naturel quand nous discutions de façon informelle à la cantine que derrière un texte trop rédigé. Ce déclic a complètement transformé mon écriture : j’ai appris à privilégier l’authenticité, le dialogue direct avec la salle et une grande réactivité par rapport à l’actualité.
Ce spectacle aborde la vie à deux tout en évoquant des sujets plus intimes. Quel rôle joue l’humour quand il s’agit de parler de soi et d’apprivoiser le quotidien ?
C’est une incroyable source d’inspiration et de résilience ! Sur le plan personnel, je vis une vraie nouveauté : moi qui m’étais juré de rester célibataire, je découvre la vie de couple avec toute son absurdité. Comme nous ne sommes pas mariés, je cherche toujours la bonne formule pour la présenter : ma compagne ? Ma femme ? Sur scène comme à la ville, je finis par l’appeler « ma Ministre » ! Parallèlement, le rire permet d’aborder des épreuves plus intimes et d’en faire quelque chose de beau. Une semaine après la disparition de mon père, j’étais sur les planches. Ce métier possède une dimension presque mystique : il redonne vie à ceux qui nous ont quittés. J’ai longtemps parlé de mes grands-parents devant le public, et aujourd’hui, évoquer mon père me permet de garder le sourire tout en partageant des émotions universelles.
Vous vous préparez à jouer au Théâtre Galli de Sanary le 27 novembre prochain. En tant qu’enfant de la Côte d’Azur désormais installé à Paris, que représente ce retour sur vos terres ?
C’est un retour aux sources précieux ! Bien que je vive à Paris depuis onze ans, revenir jouer dans le Sud, et particulièrement au Théâtre Galli, reste un moment à part. C’est une salle magnifique avec une atmosphère et un public d’une chaleur incroyable. La dernière fois que j’y suis venu, nous sommes restés plus d’une demi-heure après la fin du spectacle à échanger et partager un verre avec les spectateurs. C’est exactement cet esprit de convivialité et de partage que j’aime. Ma démarche est simple : proposer un spectacle intergénérationnel et bienveillant où tout le monde se retrouve pour rire des mêmes tracas du quotidien. Je viens d’ailleurs avec ma compagne pour lui faire découvrir le coin et prolonger ce beau moment avec le public varois !
Julie Louis Delage