Spectacles vivants

Martin Magli – Une pièce bien écrite ne se démode pas.

Au Casino de Sanary le 29 octobre

Après trente-deux représentations à guichets fermés au Festival Off d’Avignon, Martin Magli viendra présenter « Un dîner d’adieu » au Casino de Sanary, dans le cadre de la programmation du théâtre Galli. Le comédien nous raconte la naissance de cette nouvelle version de la pièce.

Pourquoi avoir choisi de monter « Un dîner d’adieu » ?
Avec notre production, nous cherchions une pièce que nous aurions envie de défendre. Je suis allé regarder dans le catalogue de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, les auteurs du « Prénom ». J’ai trouvé « Un dîner d’adieu » formidable, très drôle et, à mon sens, pas assez jouée. Pierre et Clotilde, un couple de bourgeois parisiens, décident de se séparer d’amis devenus trop encombrants. Ils commencent avec Antoine, mais rien ne se passe comme prévu. La situation se retourne sans cesse. C’est très enlevé, très dynamique, et chacun peut s’y reconnaître.

Vous incarnez justement Antoine. Comment le présenteriez-vous ?
C’est le fameux ami encombrant, qui ne se doute de rien. Il pense être invité à une soirée entre amis et s’attend à passer un très bon moment. Tout est organisé pour cela : ses hôtes parlent de lui, passent sa musique préférée, cuisinent son plat favori et lui servent sa boisson préférée. Le principe est de faire vivre à l’invité la meilleure soirée possible avant de se séparer de lui. Mais je ne veux pas trop en dévoiler : pour Antoine aussi, les événements vont prendre une tournure très différente.

Comment avez-vous construit cette mécanique comique avec vos partenaires ?
Estelle Breton est aussi ma femme dans la vie. Nous travaillons ensemble depuis des années et le dialogue est très naturel, sur scène comme à la maison. Rémi Viallet fait également partie de la famille. Nous le connaissons depuis vingt ans et avons joué ensemble dans de nombreux spectacles. Pour cette pièce, nous nous sommes entourés de Matthieu Burnel, un ami depuis une dizaine d’années. Son regard était indispensable. Même lorsque les comédiens se connaissent parfaitement, le metteur en scène apporte une vraie valeur ajoutée.
La pièce a plus de dix ans, mais son propos demeure très actuel…
C’est le talent des auteurs. Une pièce bien écrite ne se démode pas, car elle parle de ce que nous vivons tous : l’amitié, le couple et les rapports humains. En découvrant « Un dîner d’adieu » aujourd’hui, on pourrait croire que le texte a été écrit récemment. « Le Dîner de cons », « Le Clan des divorcées » ou « Le Prénom » continuent d’être joués en France comme à l’étranger. Ces comédies finissent par entrer dans notre patrimoine théâtral.

Cette version a été créée cet été au Festival Off d’Avignon. Comment a-t-elle été accueillie ?
Nous participons au festival depuis une quinzaine d’années, mais la démarche était particulière : le spectacle n’avait jamais été joué devant un public. Une comédie qui débute est comme de la pâte à modeler. On essaie, on modifie certaines choses et on cherche la version la plus efficace. Par prudence, nous avions choisi une salle d’une cinquantaine de places. Toutes les représentations étaient pourtant complètes avant même le début du festival ! Nous avons alors ajouté une deuxième séance quotidienne dans une salle plus grande, qui a elle aussi affiché complet. Nous avons joué trente-deux fois. Le texte a légèrement évolué au fil des représentations. À la fin d’Avignon, nous avions le sentiment de tenir un spectacle très rythmé et solide. C’est cette version que nous sommes heureux de présenter à Sanary.

Grégory Rapuc