Les Voix Animées – 500 ans de Palestrina entre patrimoine et émotion.
Cycle Entre Pierres et Mer le 14 août à la collégiale Saint-Paul à Hyères, les 15 et 29 août à l’abbaye du Thoronet, le 28 août à La Tour Royale à Toulon, le 12 septembre à la Collégiale de Lorgues. Charlot, Octave et Bobine II le 7 août au festival Les Toiles du Sud à Cotignac. D’autres concerts dans le Var
À l’occasion du cinq-centième anniversaire de la naissance de Giovanni Pierluigi da Palestrina, l’ensemble varois Les Voix Animées lui consacre la quinzième édition de leur cycle « Entre Pierres et Mer ». Rencontre avec Luc Coadou, directeur musical, et Laurence Recchia, administratrice.
Vous dédiez le cycle « Entre Pierres et Mer » à Palestrina cette année. Qu’aimez-vous particulièrement chez ce compositeur ?
Luc : C’est l’un des grands compositeurs italiens de la fin du XVIe siècle. Sa science du contrepoint représente l’aboutissement de tout ce que la Renaissance a apporté à la polyphonie. C’est une musique savante, mais d’une grande clarté, profondément touchante parce qu’elle reste toujours au service du texte. C’est une musique qui élève l’âme. Et lorsqu’on la chante dans un lieu comme l’abbaye du Thoronet, il y a une sorte de double effet : celui de la musique et celui du monument. Les deux entrent en résonance. Palestrina est l’un de mes compositeurs préférés : je pense qu’il n’existe pas en France d’ensemble qui défende autant sa musique. Notre rôle est avant tout de mettre en lumière le génie de ces compositeurs, plus que le nôtre.
Comment avez-vous construit les différents programmes ?
Luc : Le premier, « Duo Seraphim », associe Palestrina à son élève Tomás Luis de Victoria, dans un programme autour de la nuit de Noël. Le deuxième met en regard Palestrina et l’école de Naples. Cette dernière est très différente de l’école romaine à laquelle appartenait Palestrina. À Naples, on trouve la tradition du madrigal, une musique profane héritière du pétrarquisme, avec une grande liberté expressive, notamment chez Carlo Gesualdo. C’est une forme de contraste avec la rigueur de l’écriture palestrinienne. Le troisième réunit Palestrina et Orlande de Lassus, deux géants de la fin du XVIe, deux faces d’une même créativité polyphonique. D’un côté, la rigueur de Palestrina ; de l’autre, la richesse expressive et le caractère polymorphe de Lassus.
L’abbaye du Thoronet occupe une place particulière dans votre parcours.
Laurence : C’est la quinzième édition du cycle « Entre Pierres et Mer », qui nous permet de chanter dans des lieux patrimoniaux remarquables de la région Sud, du littoral jusqu’à l’arrière-pays. Le partenariat avec l’abbaye est historique. Le public aime entendre cette musique résonner dans ce lieu exceptionnel. Au fil des années, nous avons apprivoisé cette acoustique si particulière, avec sa réverbération longue et généreuse. Nous sommes accueillis dans le cadre des Musicales du Thoronet, organisées par Jean-Marc Bouré pour le Centre des monuments nationaux.
Quels seront les autres rendez-vous de l’été et de l’automne ?
Luc : Nous proposerons également « Soror Mea » à Cotignac, puis « Susanna », le 10 octobre à l’église Notre-Dame-de-l’Assomption à La Celle, avant la reprise de « Beata Virgine » en novembre. Ces trois programmes constituent un hommage à la féminité. Le premier est consacré à Marie-Madeleine, le deuxième s’inspire de l’épisode biblique de Suzanne et les vieillards. Et le troisième est entièrement dédié à la dévotion mariale. Dans les deux derniers, on retrouve également des œuvres de Palestrina.
Laurence : Et au milieu de toute cette musique sacrée, nous proposons une véritable bouffée d’air frais avec notre nouveau ciné-concert « Charlot, Octave et Bobine II ». Il sera présenté le 7 août au festival Les Toiles du Sud à Cotignac. C’est notre dernière création dans ce domaine, et le public varois n’a pas encore vraiment eu l’occasion de la découvrir. Nous sommes impatients de la partager avec lui.
Fabrice Lo Piccolo