Lionel Dandine – Chick Corea revisité.
Chick to Chick 7tet – Festival Off – Le 1er août – Place Eric Hardouin
Avec Chick to Chick, le pianiste Lionel Dandine propose une relecture personnelle du répertoire de Chick Corea qui a façonné son parcours. Entouré d’un septet complice, il explore les zones de liberté et d’invention qui nourrissent son travail. Entre scène et transmission, il revendique une approche vivante et collective du jazz. Une création pensée pour le partage.
Vous serez au Off du Festival Jazz à Toulon avec Chick to Chick, un projet dédié à l’univers de Chick Corea. Comment est née cette envie de revisiter aujourd’hui son œuvre ?
J’ai découvert la musique de Chick Corea à l’adolescence et elle ne m’a jamais quitté. Cela fait près de trente ans que je l’écoute. Son écriture, son inventivité, sa capacité à traverser les styles ont toujours été une source d’inspiration. L’idée de ce projet est née après sa disparition. À cette période, nous préparions un hommage dans le cadre du Festival de jazz de Vialas, dans les Cévennes. J’ai alors commencé à écrire des arrangements autour de son répertoire. Peu à peu, cette première expérience a pris de l’ampleur pour devenir Chick to Chick. Nous avons notamment construit le programme autour de « The Mad Hatter », un album-concept inspiré d’Alice au pays des merveilles qui occupe une place particulière dans mon parcours d’auditeur et de musicien. L’objectif n’est pas de reproduire les versions originales, mais de proposer une lecture personnelle de cette musique tout en respectant son esprit.
Pour ce projet, vous avez réuni un septet, comment avez-vous pensé cette formation ?
La plupart des musiciens qui participent à cette aventure sont des compagnons de route de longue date. Nous avons développé au fil des années une véritable complicité musicale et humaine. Lorsque j’ai écrit les arrangements, je les ai pensés en fonction de leurs personnalités et de leurs qualités respectives. J’aime travailler avec des musiciens qui apportent chacun une couleur singulière au projet. La présence de Mélodie Lejeune s’est imposée assez naturellement. Dans plusieurs périodes de la carrière de Chick Corea, et notamment sur « The Mad Hatter », la voix occupe une place importante. Mélodie possède cette capacité à naviguer entre plusieurs univers musicaux, du lyrique au jazz en passant par les influences latines. Cette souplesse correspondait parfaitement à l’esprit du projet.
Vous partagez votre activité entre la scène et l’enseignement. Qu’est-ce que la transmission apporte à votre propre pratique artistique ?
Enseigner est une façon de continuer à apprendre. La transmission oblige à mettre de l’ordre dans sa pensée, à comprendre précisément ce que l’on fait lorsque l’on joue ou lorsque l’on improvise. C’est aussi un excellent moyen de se remettre en question. On est amené à reformuler, à approfondir certains aspects de sa pratique et parfois même à découvrir de nouvelles perspectives. Pour moi, l’enseignement fait pleinement partie du parcours artistique.
Que souhaitez-vous partager avec le public du Off du Festival Jazz à Toulon ?
Avant tout un moment de musique et de partage. Certains spectateurs connaissent déjà l’univers de Chick Corea, d’autres le découvriront peut-être à cette occasion. J’aime cette idée qu’un même concert puisse susciter des émotions différentes selon les parcours de chacun.
Le cadre du Off, en plein air, au cœur de l’été, favorise aussi une forme de proximité. Nous avons beaucoup de plaisir à jouer cette musique et j’espère simplement que cette énergie circulera naturellement entre la scène et le public.
Julie Louis Delage