Marcus Gad – Entre nature et scène : le souffle d’une musique consciente.

Au Festival de Néoules le 18 juillet et au Raggamuffin Festival à Nice le 4 août

Originaire de Nouvelle-Calédonie, Marcus Gad développe un reggae roots spirituel et engagé, nourri de ses racines kanak et d’influences issues des musiques du monde, qui l’imposent sur la scène reggae internationale. En parallèle de sa collaboration avec TAMAL, il amorce son retour sur scène en France avec de nouvelles créations, dont l’album « For All ».

« For All » est un titre très ouvert… qu’est-ce que cela dit du monde dans lequel il s’inscrit, et comment cette idée a-t-elle guidé la construction de l’album ?
Ce qui m’a inspiré, c’est ce qu’on traverse aujourd’hui dans le monde : des formes de repli, des mouvements identitaires fermés, avec de la violence, du rejet, de l’incompréhension et un manque de compassion. La chanson naît de cette ambiance. Elle rappelle quelque chose de simple : la vie sur Terre est pour tous. Il n’y a personne qui mérite plus qu’un autre d’y vivre. C’est un appel à la tolérance et une manière de remettre les choses en perspective. Si on est vivant, incarné, cette vie appartient à chacun. Au fond, il y a plus de choses qui nous relient que de choses qui nous divisent. J’écris des chansons à partir de mes expériences, de mes émotions et de ce que je traverse. Peu à peu, une identité se dégage et guide le choix des morceaux. Pour « For All », on a senti une énergie particulière en studio, et l’album s’est construit autour de cette direction.

Avec « Shine a Light », vous évoquez l’idée de lumière. Que représente-t-elle ?
Elle représente ce qu’il y a de meilleur en chacun de nous. Nous traversons tous des moments difficiles, mais nous portons aussi des forces et une énergie capables d’avoir un impact positif. Ce single invite à reconnaître cette force intérieure et à la faire exister. Dans une époque souvent marquée par ce qui divise, le morceau propose de se rassembler. Ce n’est pas un message naïf : le changement commence aussi dans des gestes simples, personnels, dans la manière dont chacun se positionne. Et quand cette lumière circule entre les gens, elle peut vraiment changer la perception d’un moment collectif.

Votre musique est traversée par une présence forte du vivant et de la nature. Comment ce lien nourrit-il votre écriture ?
C’est ma principale source d’inspiration. J’ai grandi en Nouvelle-Calédonie, dans un environnement où la nature est très présente, parfois brute, très vivante. Ça influence forcément ma manière de voir le monde et ma façon d’écrire. Il y a des moments très simples, marcher, observer un paysage, écouter le vent, la mer, qui deviennent des déclencheurs d’écriture. La musique que j’écoute ou d’autres artistes m’inspirent aussi, mais une grande partie vient de ces instants-là, dehors. C’est souvent dans le silence ou l’observation que les idées arrivent. Je garde aussi un lien très fort avec la Nouvelle-Calédonie, une terre qui reste présente même quand je suis en tournée.

Vous serez au Festival de Néoules (et au Raggamuffin Festival). Que représentent les festivals pour vous ?
J’adore les festivals, avec leurs énergies et leurs ambiances. On m’a souvent parlé du Festival de Néoules comme d’un lieu où la musique peut bien résonner, donc j’ai hâte d’y être. Chaque festival est une expérience différente : on arrive, on découvre un endroit, une équipe, un public, une manière d’habiter la musique qui change à chaque fois. Sur scène, il se passe quelque chose de particulier, parce que la musique n’est plus seulement la nôtre. Elle devient collective. Il y a un échange réel avec le public, une circulation d’énergie qui transforme le moment. Parfois, cela change même notre manière de jouer, ou de ressentir les morceaux. On redécouvre nos propres titres à travers ce que les gens nous renvoient.

Julie Louis Delage