Olga Jegunova – La musique classique comme refuge et source d’espoir.
Hors série festivals 2026
Du 30 juin au 4 juillet 2026
Les Nocturnes à Solliès-Pont reviennent au Château Forbin de Solliès-Pont pour une troisième édition mêlant grands interprètes, créations originales et spectacles familiaux. Sa programmatrice, la pianiste Olga Jegunova, défend un festival ouvert à tous, où la musique classique devient un espace de partage, de dialogue et d’espérance.
Le festival fête sa troisième édition. Comment voyez-vous son évolution ?
Nous grandissons chaque année. Nous apprenons à mieux connaître notre public, ses attentes et ses envies. La première édition était une expérimentation, la deuxième une phase de recherche, et aujourd’hui je suis certaine de la place que peut occuper ce festival. Nous vivons dans un contexte économique, politique et géopolitique instable. Les guerres, les tensions et les incertitudes font partie de notre quotidien. En tant qu’artistes, nous ne pouvons pas les ignorer. Notre réponse passe par la culture : créer des moments de rencontre, d’amitié, de convivialité. J’aime penser que le festival peut être un refuge, un lieu positif et lumineux où l’on se rassemble autour de la musique.
Quels retours recevez-vous du public ?
Ils sont très encourageants. Nous avons beaucoup d’échanges avec les spectateurs et c’est essentiel pour construire les éditions futures. Le public apprécie particulièrement le mélange des genres que nous proposons. La musique classique reste au cœur du projet, mais nous aimons aussi la faire dialoguer avec d’autres formes artistiques, comme la narration, le théâtre ou la pantomime.
Cette édition s’annonce riche et variée, comment avez-vous construit la programmation 2026 ?
Le Château Forbin de Solliès-Pont reste le cœur du festival avec quatre soirées très différentes. Nous ouvrirons avec l’un des plus grands pianistes actuels, Christian Zacharias. C’est une chance exceptionnelle de l’accueillir. Il interprétera notamment Haydn et Poulenc dans un récital où chaque œuvre est pensée comme un véritable dialogue avec le public. La deuxième soirée sera consacrée à la musique de chambre avec des musiciens de l’Opéra de Toulon et de Monaco autour de Schubert. Christian Zacharias sera également présent au piano. Le troisième rendez-vous sera plus expérimental avec une création associant pantomime et musique, où j’accompagne au piano le mime Benoît Turjman, formé à l’école Marcel Marceau. Enfin, nous clôturerons avec une création originale de l’Opéra de Toulon conçue spécialement pour le festival, avec deux chanteuses solistes, Kaarin Cecilia Phelps et Emmanuelle Demuyter et la création d’une nouvelle œuvre de Nolan Monnet. Vous accordez aussi une place importante au jeune public. Oui, c’est une priorité. Nous proposons plusieurs rendez-vous à la médiathèque de Solliès-Pont. Il y aura notamment « Le Petit Prince », un concert narratif et participatif à partir de huit ans. Pierrick Grillet assurera la narration tandis que j’improviserai au piano. Nous avons également souhaité répondre à une demande forte des familles avec une proposition destinée aux tout-petits, dès six mois, « Ti-train ». Nous aurons également un concert des élèves du Conservatoire TPM le 2 juillet, de futures étoiles de la musique.
Quels partenaires accompagnent cette aventure ?
La Ville de Solliès-Pont est un partenaire essentiel, avec le maire Dr. André Garron et toute son équipe. Nous pouvons aussi compter sur le soutien précieux de l’Opéra de Toulon, Châteauvallon, du Conservatoire TPM et de plusieurs mécènes. Nous avons créé le Club Stella, qui permet à nos partenaires privés de soutenir le festival tout en partageant des moments privilégiés avec les artistes. Et je n’oublie jamais nos bénévoles. Nous sommes vingt-six à faire vivre cette aventure. Je suis moi-même bénévole. Sans eux, le festival n’existerait pas. Comment voyez-vous l’apport de la musique classique aujourd’hui ? Elle permet d’abord de s’évader, de voyager et parfois même d’agir comme une forme de thérapie. Elle crée aussi du lien social. Chaque année, je vois naître de nouvelles amitiés grâce au
festival. Enfin, elle porte un message d’espoir. Elle nous rappelle que malgré les difficultés, il existe toujours des solutions, des compromis et des raisons de croire en l’avenir. C’est sans doute ce que nous souhaitons offrir avant tout : quelques jours où les gens repartent avec les yeux remplis de lumière et l’envie de continuer à avancer ensemble.
Fabrice Lo Piccolo