Quatuor Modigliani – Une signature sonore.
Le 18 juillet à La Collégiale Saint-Pierre à Six-Fours dans le cadre de La Vague Classique
Le Quatuor Modigliani est reconnu comme l’un des quatuors les plus
prestigieux de notre époque. Son violoncelliste, François Kieffer, re
vient sur un parcours d’excellence, une aventure humaine rare et un
répertoire où l’intime rencontre l’universel.
Qu’est-ce qui vous a conduit vers le violoncelle ?
J’ai choisi le violoncelle vers l’âge de huit ans, d’abord pour son timbre, très proche de la voix humaine. Ensuite, il y a eu des rencontres déterminantes. Mes parents m’ont emmené entendre Rostropovitch en concert, et j’ai eu la chance de le rencontrer après. Ce sont des moments très marquants quand on est jeune musicien, qui donnent envie de continuer. Aussi des enregistrements
mythiques, comme le concerto de Dvořák dirigé par Seiji Ozawa. Puis le Conservatoire de Paris, où j’ai
rencontré mes amis du quatuor, et la découverte du répertoire du quatuor à cordes : une musique d’une richesse incroyable, où les compositeurs vont chercher quelque chose de très in time et profond.
Vous êtes l’un des quatuors à cordes les plus demandés, imaginiez-vous un tel parcours ?
voulu tracer notre propre chemin, sans céder aux effets de mode, comme le peintre Modigliani dont
nous avons emprunté le nom. Nous aimons la singularité de son geste, immédiatement reconnaissable. Nous cherchons la même chose : une signature sonore. Quand je vais au concert, ce qui me touche en premier, c’est le son, un timbre particulier qui peut immédiatement émouvoir. Depuis 2024, vous enregistrez les quatuors de Beethoven, et vous en jouerez un à Six-Fours.
Qu’est-ce que vous aimez chez ce compositeur ?
Ce qui a été décisif, c’est d’abord la rencontre humaine et musicale entre quatre personnes. Le quatuor à cordes est une aventure très exigeante qui demande un engagement total, des répétitions constantes, une recherche permanente d’homogénéité et de justesse d’ensemble. Dès le début, malgré nos engagements individuels, nous avons ressenti le besoin de nous retrouver pour travailler intensément. Ensuite, il y a eu les rencontres avec des maîtres, les concours internationaux, les tournées, les enregistrements… Notre premier disque a été récompensé, ce qui nous a donné une visibilité
importante. Mais nous avons toujours C’est un précurseur. Dans ses quatuors, il va très loin, jusqu’à des questions intellectuelles voire métaphysiques, avec une introspection profonde. Nous jouerons le quatuor n°6, avec « La Malinconia ». On est en 1799, à une période charnière, après les derniers quatuors d’Haydn. On perçoit cette tension, avec un premier mouvement haletant et un final d’une grande virtuosité. Nous jouerons aussi Brahms, avec une esthétique différente. Sa musique est faite
de superpositions de voix, de densité harmonique. Emmanuel Krivine, le chef d’orchestre, disait à propos du compositeur : « C’est comme mettre la main dans un pot de miel ». Il faut trouver ce son riche, chaud, avec une forme de mélancolie et beaucoup d’amour.
Vous serez à la Collégiale Saint Pierre pour La Vague Classique.
Qu’attendez-vous de ce concert ?
Ce sera l’un des rendez-vous d’une tournée estivale dense. La Vague Classique est un festival remarquable, avec une programmation de haut niveau, mêlant grandes figures et jeunes talents, qui s’adresse autant aux connaisseurs qu’à un public plus large. Dans notre cas, le quatuor à cordes est un concert pour tous, ce sont quatre instruments que tout le monde connaît. Et jouer dans un lieu chargé d’histoire est toujours une expérience forte, avec une acoustique et une résonance particulières, qui
nourrissent l’interprétation.
Fabrice Lo Piccolo