ARNAUD GAGNOUD – Passion Maupassant.

Bel-Ami aux Nuits Théâtrales de Simone à Six-Fours les plages, le 24 juin 2026

Déjà sur les planches l’année dernière pour le spectacle d’ouverture des Nuits Théâtrales de Simone, Arnaud Gagnoud revient cette année comme comédien et metteur en scène avec sa compagnie “Die liebende familie“ et son adaptation du roman de Maupassant “Bel-Ami“, qui lui a révélé sa passion pour l’art et la littérature.

Parlez-nous de la compagnie de  théâtre que vous avez créée « Die lie-bende familie“

“Die liebende familie“, en français « la famille aimante » a été fondée en 2020 et se compose de vingt-cinq personnes. Pour l’instant nous avons créé trois spectacles basés sur des romans de Maupassant, “Bel-Ami“, “Les parents des autres“, qui est une adaptation de plusieurs nouvelles, à la forme un peu hybride, jouée par deux comédiens de la compagnie et un groupe d’une vingtaine de collégiens, lycéens, ou jeunes de centres sociaux, qui ont participé à des ateliers théâtre avec moi et s’approprient la pièce en la restituant différemment à chaque fois, et puis, “Pierre et Jean“, notre dernière création, quenous jouerons cette année pour la première fois au festival d’Avignon.

Toujours du Maupassant, d’où vient votre passion pour cet auteur ?

Cette passion pour Maupassant est née avec “Bel-Ami“. Ça peut paraître grandiloquent, mais ce roman a changé ma vie. En classe de seconde, la professeure de français nous avait imposé de lire “Bel-Ami“ pendant les vacances de la Toussaint et, à cette époque, je m’orientais vers une carrière d’ingénieur en informatique et envisageais la lecture d’un gros livre comme un calvaire. Je viens de Lyon et dans la région, à la Toussaint, le temps est gris et déprimant, je me suis donc lancé dans cette lecture à contrecoeur et, étrangement, j’ai tout de suite accroché. Je ne pouvais plus m’arrêter de lire et j’ai vécu une révélation, “un choc esthétique“ aurait dit Malraux ! J’ai découvert ma passion pour la littérature et l’art grâce à ce livre. Je prenais des cours de théâtre depuis un peu plus d’un an, et à partir de ce bouleversement, j’ai décidé qu’un jour j’adapterais ce roman et deviendrais comédien. Ce que j’ai fait. Quand j’ai finalement eu assez de bagages pour concrétiser mon projet, beaucoup ont tenté de me décourager et de m’orienter vers des mises en scène plus raisonnables, avec moins de monde sur scène, moins coûteuses à faire tourner, mais je voulais rendre hommage à l’auteur qui avait changé ma vie, je ne voulais pas de plan de carrière raisonnable, je voulais faire ça !

Dévoilez-nous un peu la scénographie de la pièce.

La scénographie est très épurée. Il y a des tabourets et une grande table qui ressemble à un établi que nous déplaçons pour simuler les différents lieux. L’idée est d’avoir l’impression d’être dans un petit atelier de fabrication de décors, artisanal, et autour, tout est d’un noir profond, pour que le regard des spectateurs soit surtout attiré par les comédiens. Je ne voulais pas recréer un intérieur bourgeois, mais les acteurs eux, portent de magnifiques costumes d’époque. Un spectateur m’a dit que, comme on imagine les personnages d’un roman, notre système permet au public de composer son propre décor, ce qui rend hommage au roman.

Jouer en plein air, qu’est-ce que ça change ?

Notre esthétique se rapproche de celle d’un théâtre de tréteaux donc, même si techniquement, à l’extérieur, il faut davantage porter la voix et que les réactions des spectateurs sont moins perceptibles, c’est ce que nous préférons. Ce sont les beaux jours, et en général, les représentations commencent quand il fait encore jour et finissent dans la nuit, ce qui convient parfaitement pour “Bel-Ami“.

Weena Truscelli