Cyrille Elslander – Habiter le monde, autrement.
Saison 2026-2027 du PÔLE – Arts en Circulation
Le PÔLE – Arts en Circulation poursuit son travail autour du spectacle vivant, du cirque et de la création contemporaine. Son directeur, Cyrille Elslander, défend une programmation qui invite à déplacer notre regard sur le monde, à travers les bouleversements écologiques, les fractures sociales, les migrations ou encore les chemins d’émancipation. Une saison placée sous le signe du vivant, du lien et de l’émotion.
Cyrille, dans la brochure de saison du PÔLE, tu insistes sur la notion d’habiter. Quelle place occupe le territoire dans votre démarche ?
Nous ne voulons pas seulement traverser un territoire en y posant ponctuellement une programmation. Nous cherchons à inscrire notre travail dans une permanence artistique et émotionnelle, en nous installant dans des quartiers sur des périodes longues et en construisant une relation particulière avec les publics. Un territoire possède une valeur émotionnelle : des habitudes, des souvenirs, des pratiques. Le spectacle et l’art contribuent à l’habiter. C’est lié à la nature même du PÔLE – Arts en Circulation, avec les chapiteaux de la Mer aux Sablettes, la bibliothèque de théâtre Armand Gatti au centre-ville de La Seyne et le théâtre du PÔLE dans la colline au Revest. Nous nous adaptons au territoire tout en essayant de le nourrir d’imaginaire et de poésie.
Les artistes traversent eux aussi une période fragile…
Les artistes se nourrissent de leur environnement. Dans le Festival Regards sur rue, nous avions trois spectacles autour d’écologie. Ils sont également confrontés à la fébrilité économique actuelle. La crise de l’école nous concerne aussi directement. L’enseignant est l’un des premiers prescripteurs culturels et nous accueillons beaucoup de scolaires.
Quels seront les principaux temps forts de la saison ?
La Nuit du Cirque en novembre, avec notamment « Catharsis », une création de voltige portée : la cie Les Complémentaires est d’ailleurs venue en résidence au PÔLE. « Pling-Klang », de Mathieu Despoisse et Étienne Manceau parle du couple à travers le montage d’un meuble Ikea. Nous accueillons aussi les dernières représentations du spectacle culte de Gilles Cailleau, « Le Tour complet du cœur » de la compagnie Attention Fragile : un seul comédien traverse toute l’œuvre Shakespeare pendant trois heures et demie, dans la tradition du théâtre forain. En décembre, notre temps fort magie : « Magic’s not real » réunira plusieurs approches, entre illusion, arts graphiques et mentalisme. « Ignis » proposera une création autour du feu, tandis que « Échapper à soi », de Chloé Vivarès, interrogera l’hypermnésie : que fait-on lorsque l’on ne peut rien oublier ? La Biennale des Arts du Cirque en janvier et février sera un rendez-vous important, autour du dispositif « Faire revivre », initié par Archaos qui reprend des spectacles marquants de l’histoire du cirque contemporain. Nadine O’Garra jouera « Amour au temps de l’algorithme », réécriture d’ »Amour au temps d’Ikea » . Avec « Reskapés » La compagnie Cirquons Flex reprend un spectacle de la cie Attention Fragile (« Tout l’univers en plus petit »). Coline Garcia, artiste mise à l’honneur de cette édition de la BIAC, présentera « Traits », accessible dès trois ans, inspiré de l’univers graphique de Miró, avec une roue Cyr. Le spectacle sera accompagné d’une exposition au théâtre du PÔLE.Au printemps, un grand spectacle de cirque aux Chapiteaux de la Mer, ce sera « Fun n°1 ». Également deux rendez-vous autour du théâtre d’objet, un spectacle pour les ados, « Sens la foudre sous ma peau » par la compagnie réunionnaise Baba Sifon autour d’un texte de Catherine Verlaguet, accueillie en résidence à la bibliothèque Armand Gatti ; et « Jouer le jeu » sur un texte de Jon Fosse avec des acteurs en situation de handicap. Et bien sûr, plusieurs compagnies en résidence et des résidences d’écriture à Gatti.
Tout le programme sur www.le-pole.fr
Fabrice Lo Piccolo