Spectacles vivants

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Théo Askolovitch – Partager et transmettre

Nous, le Red Star, le 6 novembre au Théâtre de l’Esplanade à Draguignan

Dans son nouveau spectacle, Théo Askolovitch invite les spectateurs à une grande fête populaire et joyeuse, mais également à se pencher sur nos besoins d’appartenance et de transmission de valeurs qui nous paraissent précieuses.

 

Vous êtes comédien, metteur en scène, auteur, réalisateur, quels rôles endossez-vous dans votre nouveau spectacle, “Nous, le Red Star“ ?
J’ai écrit le texte donc, en prémices de mon travail de création, je me considère comme un auteur. Aujourd’hui je commence la création donc je pense être aussi metteur en scène du spectacle, et j’apparais un peu sur le plateau donc un peu comédien aussi ! Mais sur ce spectacle, je suis davantage auteur et metteur en scène.

Le titre peut avoir besoin de quelques explications ?
Pourquoi “Nous, le Red Star“ ? Eh bien, parce que le spectacle tourne autour de la figure du club de foot de Saint-Ouen, le Red Star. Mais en réalité, cette création théâtrale parle surtout des gens qui habitent la tribune de ce club et de ce qu’il peut représenter dans la vie citoyenne de la ville de Saint-Ouen, sur le sentiment d’appartenance de la population à travers ce club de foot. Ce sentiment pourrait être figuré par n’importe quel drapeau, n’importe quelle passion, envers sa patrie, sa religion, sa ville, sa famille, ou autre. Quant au “Nous“, c’est une petite référence, à “Nous, les héros“, de Jean-Luc Lagarce : ce spectacle parle du besoin d’appartenance et de la liesse populaire, c’est donc le “Nous“ du tous ensemble autour de ce Red Star. Dans mon travail, il y a également toujours une part d’intime, donc j’y évoque également ma relation à mon père et l’idée de transmission autour des valeurs que peut représenter un club de foot.

Qui vous accompagne sur scène ?
Ceux qui m’accompagnent dans mes spectacles ont une grande importance pour moi, et je suis entouré d’artistes merveilleux. Je suis fier de citer leur nom, il y a l’actrice Marilou Aussilloux, avec qui je travaille souvent et qui tient le rôle titre du dernier film de Guédiguian. Pour rester dans la famille Guédiguian, nous avons également sur scène Ariane Ascaride, une actrice formidable, puis Teddy Chawa, avec qui j’ai commencé le théâtre et que je suis très heureux de retrouver, ainsi que Jérémie Galiana et Victor de Oliveira. Le théâtre, comme le foot, est un sport collectif, il est important de dire que nous faisons tout ça, ensemble.

Que symbolise le Red Star pour vous, en dehors du football, vers quelles réflexions voulez-vous – peut-être – emmener les spectateurs ?
J’aime particulièrement ce club, parce que c’est mon club familial, celui de mon grand-père, de mon père, mais je ne suis pas réellement supporter du club, ce que je trouve assez intéressant ! Le Red Star a une histoire très romantique dans le monde du football. C’est le club de la banlieue rouge, du 93, bien différent des clubs parisiens, il véhicule des histoires de lutte ouvrière, d’antifascisme, de résistance. Le club a donc une histoire populaire assez forte, et il est intéressant de voir comment ces valeurs se transmettent dans une ville qui se gentrifie beaucoup et voit sa tribune changer avec les nouveaux habitants … Le théâtre est politique par essence, mais le spectacle, malgré certains sujets un peu “techniques“, est lumineux, drôle : nous invitons les gens à une grande fête populaire. Nous voulons vibrer avec les spectateurs et qu’ils soient aussi acteurs de ce qui se passe, comme au stade ! Tous ensemble.

Weena Truscelli