Cyrille Elslander – Les Arts de la Rue investissent la ville.
Hors série festivals 2026
Du 25 au 27 septembre
Le PÔLE, Arts en Circulations, revient en septembre pour son début de saison en célébrant les arts de la rue dans le centre-ville et le parc de la Navale à La Seyne. Gratuit et ouvert à tous, Regards sur Rue réunira une quinzaine de spectacles et près de soixante-dix artistes. Son programmateur, Cyrille Elslander, revient sur une édition placée sous le signe de la convivialité, de l’écologie et de la participation des habitants.
Quelles seront les grandes lignes de cette nouvelle édition de Regards sur Rue ?
Nous aurons dix-sept spectacles, quarante-huit représentations et près de soixante-dix artistes. Le format permet au public de découvrir plusieurs propositions au cours du week-end. Malgré une tendance générale à proposer des offres payantes dans les festivals d’arts de la rue, je continue à croire que notre festival doit rester gratuit. C’est un événement pour tous, qui permet de circuler librement d’une proposition à l’autre. C’est avant tout un festival pluridisciplinaire, avec du théâtre de rue, du cirque, de la musique, de la danse et même de la magie. Nous tenons à préserver la dimension festive et familiale. Certains spectacles abordent des sujets de fond, mais nous défendons une approche ludique et accessible de la création dans l’espace public. Le public nous a également fait savoir qu’il tenait beaucoup à l’espace convivialité. Nous allons le maintenir et même le renforcer avec un chapiteau, un espace bar, petite restauration, ateliers et spectacles de proximité à côté du parc de la Navale. Celui-ci reste le cœur du festival, mais nous revenons plus largement dans le centre-ville.
Nous poursuivons aussi nos efforts dans le domaine de l’écoresponsabilité, avec différents partenaires afin de sensibiliser le public et de réduire notre impact environnemental, avec des solutions alternatives pour l’énergie, ou le recours à des vélos-cargos pour certains déplacements.
Une thématique semble émerger cette année autour de la mer et de l’écologie…
Ce n’est pas un choix délibéré, mais on constate que de nombreux artistes partagent aujourd’hui les mêmes préoccupations. Plusieurs spectacles évoquent la mer, les bouleversements climatiques ou encore la montée des eaux. C’est notamment le cas d’ « En attendant la vague » qui ouvrira le festival et sera également présenté le samedi soir. Le spectacle prend la forme d’un plateau de cinéma où le public participe au tournage d’un film consacré à l’exode provoqué par une catastrophe climatique.
Le projet participatif de l’été s’inscrit également dans cette thématique…
Oui. Nous travaillons cette année avec l’artiste marseillaise Maëva Longvert et la compagnie Polymorphe autour du projet « Scélérates ». Inspiré de l’imaginaire maritime et des récits de naufrages, il associe les habitants pendant tout l’été. Des ateliers de fabrication, de photographie et de vidéo sont proposés à différents publics, des enfants des centres sociaux jusqu’aux résidents de maisons de retraite. L’artiste crée notamment de nombreuses méduses fluorescentes en tissu qui seront réunies dans une installation monumentale au cœur de la ville pendant le festival.
Peux-tu nous présenter quelques spectacles ?
Côté cirque, nous accueillerons notamment la compagnie Cirque Immersif avec « How Much We Carry », une déambulation spectaculaire autour du mât chinois, une discipline que l’on voit assez rarement dans l’espace public. La compagnie Rhizome jouera « Rouge Merveille » : à partir d’une immense structure métallique évoquant un chantier, l’artiste développe un travail de suspension et de lenteur caractéristique de leur univers. C’est une proposition très poétique, accessible à toute la famille. « Kontakt » de la compagnie Puéril Péril réunit six artistes autour des portés acrobatiques et de la question de la rencontre, comme « Situ » du collectif féminin Ino Kollektiv qui rassemble des artistes venus de plusieurs pays européens.
Je tiens particulièrement au théâtre de rue, à ce qu’il y ait toujours du récit dans la programmation. Nous accueillerons par exemple la compagnie Le Punk à Moutons avec une adaptation complètement décalée de « Yseult et Tristan ». Pour les familles, je recommande aussi « La Mare où l’on se mire », un seul-en-scène très inventif où le personnage revisite « Le Vilain Petit Canard » avec des décors miniatures sortis d’une valise et des canards-jouets capables de répéter tout ce qu’on leur dit. Le vendredi soir, nous préparons un projet particulier avec Frank Micheletti pour célébrer les trente ans de la compagnie Kubilaï Khan Investigations. Nous sommes en train d’imaginer une proposition qui interrogera le rapport entre la danse et le public. Le samedi soir, nous accueillerons également la Balkan Block Party, une impressionnante fanfare d’une vingtaine de musiciens qui promet un grand moment festif.
Fabrice Lo Piccolo