Cinéma

Éric Judor – Le roi du game : Éric Judor se prend au jeu

Exclusivité Web – Ouest Var Septembre

Le roi du Game au Festival de la lune Carqueiranne – Sortie en salle : 21 octobre 2026

Éric Judor, accompagné d’Hafid F. Benamar, est venu présenter son nouveau film, Le Roi du Game, lors de la soirée de clôture du Festival de la Lune, à Carqueiranne. Une comédie aux décors médiévaux-fantastiques qui porte un regard aussi drôle que bienveillant sur l’univers du jeu de rôle grandeur nature.

L’idée originale du film vient de Cédric Prévost. Comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?

Éric Judor : C’est lui qui m’a contacté. Il avait vu Problemos et s’était dit : « Tiens, c’est un mec qui parle des communautés à la marge. » J’ai adoré le scénario : encore des geeks particuliers, avec un univers cinématographique ! Nous avons réécrit certaines choses. L’histoire de la fille n’existait pas. Nous l’avons ajoutée parce qu’elle donnait un véritable enjeu au personnage dans le GN. Mais l’univers était déjà là et le sujet était fort.

Quel rapport entreteniez-vous auparavant avec les jeux de rôle et les jeux de rôle grandeur nature ?

É. J. : Avec le GN, aucun. Mais, vers 17 ans, je me suis passionné pour le jeu de rôle. On jouait dans la cuisine de ma mère tous les vendredis. Puis j’ai commencé à sortir de mon personnage et à faire le con. Le maître du jeu préparait des scénarios avec des pouvoirs et des points de vie, tandis que moi, je m’inventais de nouveaux pouvoirs. Ça a fini par l’énerver et je crois que j’ai été exclu du groupe !

Vous êtes-vous rendus dans un véritable GN pour préparer le film ?

É. J. : Oui. Pour être honnête, j’y suis allé avec mon petit air moqueur. Au bout d’un quart d’heure, j’avais bien fermé ma gueule ! Il fallait laisser les téléphones et porter un costume. Au début, on se sent con, on se vanne. Puis on voit 2 000 personnes jouer à fond et on entre dans le jeu. Beaucoup sont d’ailleurs venus avec leurs costumes comme figurants.

Hafid F. Benamar : Moi aussi, j’y voyais surtout une occasion de faire des vannes. Mais j’en suis ressorti épaté. Dans la vie, ces gens peuvent être dentistes, postiers ou boulangers et, le week-end, ils jouent dans de vrais décors avec 2 000 personnes. Bon, cela ne les empêche pas de faire la fête : ça tise aussi ! Nous pensions rencontrer des foufous ; ce sont surtout des gens qui veulent vivre quelque chose hors norme.

Le regard porté sur les GNistes est finalement beaucoup plus bienveillant que moqueur…

É. J. : Il y a un peu de moquerie, mais beaucoup de bienveillance. Alexandre arrive avec de gros préjugés et se laisse convaincre, comme moi. J’avais gardé au montage une scène finale avec des vannes proches de Platane ou de Problemos : le personnage n’aurait rien appris. Nous l’avons retirée pour que cette aventure lui permette d’évoluer. Contrairement aux personnages de Platane ou de Problemos, celui-ci apprend quelque chose.

Comment Marc Labrèche et Alexandra Lamy ont-ils rejoint cette aventure ?

É. J. : J’étais fan de Marc depuis Le Cœur a ses raisons. Nous avions tourné ensemble dans Tout simplement fan, mais nous étions frustrés de ne pas avoir assez de scènes ensemble. Je lui avais dit : « Dès que j’ai un truc, je te prends. » Il est venu tout de suite. Il possède une intensité incroyable : pour moi, c’est le Chabat québécois.

Alexandra arrive d’un autre monde de la comédie. Il nous a fallu une petite semaine pour nous comprendre. Elle est toujours juste et d’une sincérité totale. Chez nous, particulièrement chez Marc, on voit parfois l’œil qui frise : on sent qu’une vanne va sortir. Alexandra, elle, croit entièrement à ce qu’elle joue. Je me disais : « Waouh ! J’aurais dû jouer avec elle beaucoup plus tôt. »

Grégory Rapuc