Musique

Garou – Se raconter, enfin

Garou Solo au Théâtre Galli à Sanary-sur-Mer le 21 novembre.

Il aura fallu des années de route avant de trouver le temps de s’arrêter. Avec Garou Solo, l’artiste québécois présente  » Un meilleur lendemain », son premier album d’auteur-compositeur, au Théâtre Galli de Sanary-sur-Mer le 21 novembre. Un spectacle plus personnel, entre création musicale, narration scénique et envie de partager enfin ses propres histoires

Avec « Un meilleur lendemain », vous signez votre premier album d’auteur-compositeur. Qu’est-ce qui vous a conduit vers l’écriture de vos propres chansons ?
Je savais qu’un jour je me mettrais à composer et à écrire. Ça faisait très longtemps que j’en avais envie, mais je ne prenais jamais le temps de m’arrêter. J’étais tout le temps en tournée, à courir partout. Là, pour la première fois, j’ai eu envie de me poser et d’écrire chez moi, avec mes propres mots et mes propres chansons, pour raconter enfin mes propres histoires. Le déclic est venu de ma fille. Je lui ai offert un ukulélé, elle a posé une mélodie et je me suis rendu compte que c’était une super mélodie. Je l’ai vue, adolescente, écrire et composer des titres, et ça a réveillé quelque chose en moi. J’ai aussi eu beaucoup de chance : de grands auteurs-compositeurs m’ont gâté, Goldman, Obispo, Plamondon, Cabrel et bien d’autres.

« Garou Solo » ne se résume pas à un simple concert acoustique : vous y créez un véritable univers sonore, à la fois théâtral et cinématographique. Comment ce spectacle a-t-il pris forme, et avec qui avez-vous construit ce son ?
Nous avons commencé à travailler le son de la tournée avant même de faire l’album. J’ai eu un an pour travailler la musique. Mon ami Gabriel Ethier, le réalisateur, est venu à la maison pendant cette année et nous avons travaillé dans le studio que j’ai chez moi. On a pris le temps de forger et de sculpter le son de « Garou Solo », un son effectivement plus théâtral, plus cinématique. C’est rare que cela se fasse dans ce sens-là, mais c’est comme ça que ça s’est passé, en laissant le spectacle prendre forme petit à petit, comme un film qui se construit.

Sur scène, vous passez du piano à la guitare et vous utilisez le looping pour construire la musique devant le public. Que vous apporte cette liberté, dans le choix des styles comme dans votre façon de chanter ?
Je m’amuse avec plein d’instruments différents dans le looping, et il y a une espèce de film théâtral dans lequel je sors de l’écran, mais c’est comme si j’en faisais partie. J’aime tous les styles de musique et je n’aime rien m’interdire. Je peux aller vers du blues-rock, du Led Zeppelin en version acoustique, comme sur « Scène d’amour », ou vers quelque chose de plus country, comme sur « Lonely Waters ». Pour « Sur un malentendu », j’avais envie d’écrire sur l’amitié ambiguë, quand l’amour et l’amitié sont très proches. Il y a une tension musicale : je fais aller ma voix dans le grave, du violoncelle jusqu’à la contrebasse. Il y a une profondeur, et ça devient troublant.

Vous présentez « Garou Solo » au Théâtre Galli de Sanary-sur-Mer le 21 novembre, dans le sud où vous avez de nombreux amis. Qu’attendez-vous de cette soirée, et que souhaitez-vous partager avec le public ?
C’est un plaisir immense de jouer ce spectacle et de revenir jouer dans le sud. J’ai beaucoup d’amis dans la région de Marseille, comme Jacques Veneruso, et j’ai toujours énormément de plaisir à jouer dans cette ville et cette région. J’ai hâte de retrouver le public, de partager ces chansons avec lui et de le faire entrer dans cette histoire.

Julie Louis Delage