Musique

Manudigital & Skarra Mucci – La puissance du « Ragga Blasta ».

Ragga Blasta au Centre Culturel Tisot le 27 novembre 2026

À l’occasion de leur concert au Centre culturel Tisot, le 27 novembre, Manudigital revient sur « Ragga Blasta », le projet commun qu’il porte avec Skarra Mucci, et sur la complicité musicale qui les réunit.

Vous avez rencontré Skarra Mucci il y a une dizaine d’années, lors de vos « Digital Sessions ». Qu’est-ce qui vous a rapprochés ?
J’enregistrais des chanteurs du monde entier avec mon petit clavier MT-40, un instrument au son ancien qui a marqué la musique jamaïcaine. C’est ainsi que j’ai rencontré Skarra Mucci. Dès notre première session, l’envie de collaborer était une évidence, pour lui comme pour moi. Nous avons ensuite travaillé ensemble en studio, mais nos agendas ne coïncidaient pas pour partir en tournée. À un moment, nous avons décidé de trouver une période pour faire des concerts ensemble. C’est comme ça qu’est né le « Ragga Blasta Tour ».

Comment avez-vous construit ce répertoire commun et trouvé l’équilibre entre vos univers ?
Il y a des morceaux créés ensemble, notamment pour l’EP « Ragga Blasta », et des titres enregistrés par le passé. L’autre moitié du répertoire vient de nos catalogues respectifs, que nous avons revisités pour la tournée. Notre musique mêle des influences qui nous correspondent à tous les deux : reggae, dancehall, dub, jungle et bass music. Nous voulons aussi surprendre le public, nous faire plaisir et nous étonner nous-mêmes. Une version augmentée de « Ragga Blasta » sort dans quelques jours.

Sur scène, comment avez-vous adapté les morceaux et conçu le spectacle ?
Nous restons assez proches des versions studio, mais nous les retravaillons pour créer une meilleure connexion avec le public. L’idée musicale demeure, sous une forme plus dynamique, avec davantage de « patate » et d’interaction. Nous avons imaginé une scénographie autour d’un grand ghetto blaster, qui fait écho à la pochette de l’EP et donne un univers visuel au spectacle.

Vous êtes l’un des producteurs français de référence dans le reggae digital. Comment la musique est-elle devenue votre métier ?
Je viens d’une famille de musiciens et j’ai commencé à douze ans. J’ai appris plusieurs instruments : guitare, basse, un peu de batterie, de synthé et de percussions. J’ai ensuite suivi une formation dans une école de jazz à Paris, avant mes premières tournées professionnelles. J’avais auparavant joué dans plusieurs groupes amateurs, où j’ai pu faire mes armes. La musique ne s’est jamais arrêtée. À quarante-cinq ans, je suis intermittent du spectacle depuis mes vingt-cinq ans environ. J’ai eu la chance d’allier mon travail et ma passion ; cela s’est fait naturellement.

Que réservez-vous au public du Centre culturel Tisot, le 27 novembre ?
La nouvelle version de l’EP comprend trois morceaux supplémentaires : un remix de « Rock This Cumbia », titre que nous avions déjà réalisé ensemble, et deux inédits, « Lyrics Machine » et « Nah Fraid No Police ». Nous sommes en tournée depuis plus d’un an et avons donné une soixantaine de concerts en France, en Europe et ailleurs. Elle s’achèvera vers la mi-décembre. Je suis déjà venu plusieurs fois à La Seyne, notamment, pour le festival Couleurs Urbaines. Skarra Mucci a lui aussi beaucoup joué dans le secteur. Cela nous fait plaisir de revenir dans le sud. J’espère que le public repartira content et que nous pourrons partager un verre, faire quelques photos et passer un moment détendu après le concert.

Grégory Rapuc