Cinéma

Jean-François Zygel – Passion ciné-concert.

Fantaisies sur Walt Disney le 7 novembre au Théâtre L’Escale à la Garde pour le FiMé

Jean-François Zygel, le célèbre pianiste improvisateur, est un habitué du Festival International des Musiques d’ Écran (FiMé) puisque c’était l’invité d’honneur de la première édition. Quoi de plus naturel que de le faire revenir pour l’édition des vingt ans avec « Fantaisies sur Walt Disney » ? Il nous dit tout son amour du ciné-concert, discipline qu’il a contribué à faire renaître dans les années 90.

Dans ce ciné-concert, vous nous racontez l’histoire de Walt Disney, qu’est-ce qui vous intéressait chez ce célèbre dessinateur-réalisateur et quelles œuvres retrouve-t-on ?
Ce qui m’a passionné, c’est la manière dont s’est petit à petit construite la manière si originale de créer de Walt Disney, depuis ses débuts jusqu’à son premier long-métrage de 1928, « Blanche-Neige et les sept nains », en passant par son expérience comme dessinateur publicitaire. Disney était fasciné par la culture européenne, et il adorait la musique ! Il a utilisé beaucoup de grands classiques : Bach, Tchaïkovski, Debussy, Stravinsky, Grieg, Dukas et bien d’autres, allant même jusqu’à faire correspondre l’animation de ses longs-métrages à certains morceaux !

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’art du ciné-concert et en quoi est-ce un exercice particulier ?
Tout d’abord, il faut rappeler que le cinéma muet était historiquement un véritable spectacle : le montage, les bains de couleur, la cadence de projection et la musique n’étaient pas les mêmes d’une salle à l’autre. Au pied de l’écran ou dans la fosse, les musiciens interprétaient la bande-son en direct : il n’y avait donc pas deux séances identiques ! Lorsque j’ai découvert l’incroyable richesse du patrimoine cinématographique des années 1910 et 1920, je me suis dit que j’y consacrerais une partie de ma vie. C’est ainsi que je suis devenu à partir des années 1990 l’un des artisans du renouveau de cet art incroyable qu’est le ciné-concert, une discipline que je pratique toujours avec bonheur et que j’enseigne également dans ma classe d’improvisation du Conservatoire de Paris (CNSMDP).

On vous sait maître de l’improvisation, comment avez-vous travaillé cette bande-son ?
J’ai intitulé ce concert « récital cinématographique », car en réalité c’est une forme hybride entre le récital de piano et le ciné-concert. Dans la partie récital, je vais mettre en musique par mes improvisations le parcours de Walt Disney, que les spectateurs pourront suivre au fil de ma parole et de mon piano. Et puis, au cœur du concert, une sélection de ses courts-métrages des années 20 où l’on peut découvrir Disney dessinateur… et quel dessinateur ! Malheureusement, peu de temps après il posera la plume, absorbé par le développement particulièrement foisonnant de ses multiples activités. Alors j’ai beaucoup de joie à mettre en musique et à partager ces films rares, véritables petits bijoux de fantaisie, d’humour et de poésie…

Vous êtes un habitué du FiMé, qu’est-ce que cela vous fait d’y revenir cette année ?
Eh bien je suis d’autant plus heureux de revenir au FiMé que le festival célèbre cette année son vingtième anniversaire ! C’est une joie pour moi de voir s’inscrire dans la durée un événement qui met à l’honneur le cinéma comme « art vivant », également de voir régulièrement dans sa programmation certains de mes anciens élèves, à qui je suis fier d’avoir transmis l’amour de cet art si particulier, si riche, si étonnant.
Fabrice Lo Piccolo

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