JÉRÔME BRUNETIÈRE – Un opéra vivant et accessible.
Madama Butterly les 26, 28 et 30 juin à Châteauvallon à Ollioules Saison 26/27 de l’Opéra de Toulon
Alors que la réouverture de l’Opéra de Toulon se prépare pour 2028, Jérôme Brunetière dévoile sa nouvelle programmation. Entre grands classiques, découvertes lyriques, créations ambitieuses et actions sur le territoire, le directeur de l’institution défend un opéra vivant et accessible.
La réouverture de l’Opéra approche. Que vont découvrir les spectateurs ?
Les travaux devraient terminer fin 2027. Tout l’intérieur du bâtiment a été restauré avec l’idée de retrouver l’esprit d’origine : les dorures, la toile du plafond, les décors. Tout a retrouvé ses couleurs d’origine, les médaillons, les ornements, les teintes printanières, toute cette luminosité reviennent avec beaucoup d’éclat. Et les espaces de travail et d’accueil des musiciens ont aussi été restructurés et modernisés.
Ce mois-ci vous présentez « Madama Butterfly » à Châteauvallon…
C’est un chef-d’œuvre connu par tous, avec une écriture vocale magnifique et un livret très efficace. Toute l’histoire repose sur l’attente de Cio-Cio-San, persuadée que Pinkerton reviendra. Musicalement, certains moments sont absolument extraordinaires. Nous avons réuni de très grands interprètes spécialistes de Puccini, avec Victorien Van Oosten à la direction de notre orchestre. Et être face à un port militaire fait écho de manière forte à l’univers de l’œuvre. Florence Yoo et son scénographe ont imaginé un décor qui dialogue pleinement avec cet environnement.
Quels seront les grands moments de la saison lyrique ?
Nous cherchons un équilibre entre grands titres connus du public et œuvres à découvrir. Nous donnerons notamment « Don Giovanni » à Châteauvallon et « Les Pêcheurs de perles », le très célèbre opéra de Bizet. Nous présenterons « L’Enfant et les sortilèges » de Ravel, sur un texte de Colette, où tous les objets du quotidien prennent vie dans les rêves d’un enfant. La mise en scène de James Bonas utilisera un univers très fantastique et des projections. Et « Le Tour d’Écrou » de Britten, un ouvrage que j’aime beaucoup avec une musique très accessible et une histoire à suspense. Nous programmons aussi « L’Histoire du soldat » avec Charles Berling qui assure la mise en scène portée par la musique de Stravinsky, et qui interprétera le Diable.
La saison fera aussi la part belle aux concerts…
Oui, avec notamment « Don Carlo » de Verdi en version concert, et un concert lyrique autour de Donizetti, Verdi et Puccini sous la direction de Victorien Van Oosten. Côté symphonique, l’Orchestre de l’Opéra de Toulon poursuivra son travail avec de grands solistes internationaux comme Bruce Liu. En mars, nous donnerons la Neuvième Symphonie de Beethoven avec quatre solistes et le chœur, autour de « L’Hymne à la joie ». Et en danse, nous pour ,suivons aussi notre compagnonnage avec les Ballets de Monte-Carlo et Jean-Christophe Maillot avec « Lac », leur relecture du « Lac des Cygnes ». L’Opéra de Toulon affirme aussi un fort ancrage territorial, en allant à la rencontre des varois. Avec le dispositif Var Opéra en collaboration avec le Département du Var, nous proposons des spectacles dans de nombreuses communes. Et nous effectuons un travail permantent avec les scolaires, les associations, les hôpitaux ou les publics âgés.
Que diriez-vous à quelqu’un qui n’est jamais allé à l’opéra ?
Il faut faire confiance à ses oreilles et à son cœur. L’opéra touche de manière spontanée. On n’a pas besoin d’avoir des connaissances particulières. C’est un art total : les voix, l’orchestre, les chœurs, le théâtre, les décors… tout concourt à créer une émotion très forte. Et nous avons des tarifs attractifs, notamment pour les jeunes.
Fabrice Lo Piccolo