Leïdana Abdallah -Transmettre le théâtre comme un espace de liberté
L’art s’affiche le 26 mai 2026 à Châteauvallon à Ollioules
Le 26 mai à Châteauvallon, à Ollioules, les élèves de l’option Bac théâtre du lycée Bonaparte montent sur scène avec « L’art s’affiche ». Un projet collectif dirigé par Leïdana Abdallah, actrice et metteuse en scène varoise, qui fait du théâtre un lieu d’expression, d’apprentissage et de transformation.
Quel a été ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?
J’ai commencé aux Beaux-Arts de Toulon, en architecture avec option design d’espace et j’ai enchainé par la suite à l’université, en licence de management des affaires culturelles et artistiques. C’est presque par hasard que je suis entrée au théâtre : fraîchement diplômée du bac, j’en ai poussé la porte pour découvrir ma première pièce. J’ai été fascinée par toutes ces personnes qui œuvrent en coulisses pour rendre le rêve possible. L’envie de faire partie de cet univers s’est imposée. Mon premier poste dans le milieu culturel a été à Saint-Tropez, dans le cadre du Festival des Nuits du Château de la Moutte. J’y assistais François Michiels, dans la préparation et l’organisation de l’événement. C’est un véritable mentor pour moi. J’ai ensuite poursuivi mon parcours au théâtre Denis à Hyères, avec la Compagnie de l’Écho, d’abord à la diffusion, puis en tant que responsable communication et relations publiques. En parallèle, j’ai intégré le conservatoire théâtre afin de me former, gagner en confiance et développer mon jeu ; et j’ai collaboré plusieurs années avec la compagnie Le Cabinet de curiosités, où j’ai eu l’opportunité de jouer dans la web-série « À la porte ». A la période du Covid, j’ai pu rejoindre l’agence Séquence Sud, et, à ma grande surprise, les opportunités se sont multipliées : j’ai obtenu un rôle récurrent dans la série « Grand Palais », diffusée sur France TV Slash et Canal+, une expérience très enrichissante. J’ai aussi rejoint La Divine Usine pour des créations comme « Peau d’Âne » ou « Mademoiselle Océan », un projet qui a connu un beau parcours, notamment à Avignon où nous avons reçu plusieurs distinctions. Récemment, j’ai joué avec Samuel Le Bihan dans la série « Alex Hugo ». Parallèlement, j’anime des ateliers de théâtre, notamment grâce à Châteauvallon Scène Nationale, pour qui j’interviens au lycée Bonaparte dans le cadre des options théâtre au baccalauréat, et à l’Amicale Laïque de Claret.
Le 26 mai, tu présentes « L’art s’affiche » avec les élèves du lycée Bonaparte. Comment as-tu travaillé avec eux ?
Les élèves — de la seconde à la terminale — revisitent à la fois un classique, un texte contemporain, et créent également leur propre scène. Nous écrivons aussi certaines parties ensemble. De mon côté, j’assure la direction d’acteurs et la mise en scène. Le spectacle réunit environ soixantes élèves et se compose de plusieurs saynètes autour du thème du musée, reliées par un fil conducteur. Il sera présenté dans le grand théâtre couvert de Châteauvallon. Cette année, nous explorons la thématique du musée, envisagé comme un espace vivant où les œuvres et les regards se répondent. Avec Michelle Fillol, professeure de littérature, nous construisons ce projet en amont et tout au long de l’année, en croisant nos approches.
Qu’est-ce qui t’a le plus marquée dans le travail avec ces élèves ?
Leur évolution. En début d’année, ils sont souvent réservés, parfois freinés par leur regard et celui des autres. Puis, progressivement, ils lâchent prise. Certains souhaitent en faire leur métier, d’autres découvrent le théâtre, mais tous traversent une expérience forte. On les voit grandir entre la seconde et la terminale : ils gagnent en confiance, en liberté. Sur le plateau, il se passe quelque chose de très fort : des liens se créent, des personnalités se révèlent. C’est toujours très beau et gratifiant pour nous.
Fabrice Lo Piccolo