Olivier Stephan – Un festival de découvertes.

Drôles de poulpes, du 5 au 10 mai 2026 au café-théâtre de la Porte d’Italie et au Maz à Toulon

Le festival « Drôles de poulpes » revient à Toulon pour sa quatrième édition entre le Café-théâtre de la Porte d’Italie et Le Maz. Son créateur, l’humoriste toulonnais Olivier Stephan, défend une programmation tournée vers l’émergence et le partage, avec une envie simple : faire rire en révélant de nouveaux talents.

Olivier, tu es comédien, qu’est-ce qui t’a donné envie de créer un festival d’humour ?
J’adore être sur scène, évidemment, mais je prends aussi énormément de plaisir à faire découvrir de nouvelles têtes. J’aime être un passeur de talents. Dire au public : “faites-moi confiance, vous allez vous marrer”. Ce n’est pas un festival que j’ai créé pour me mettre en avant. D’ailleurs, les artistes programmés ne correspondent pas forcément à mes goûts personnels, mais je sais que ce sont des spectacles qui vont plaire. Et surtout, ce sont des artistes pour lesquels j’ai envie de me battre, parce qu’ils le méritent. Le festival est tourné vers l’émergence. La salle de la Porte d’Italie fait une centaine de places, c’est un format idéal pour découvrir des artistes que je croise toute l’année sur scène. Ils sont aussi drôles que ceux qu’on voit partout, mais ils n’ont pas encore la même visibilité. C’est ça que je veux défendre : des humoristes talentueux, accessibles, dans un lieu central.

Quel bilan tires-tu de l’édition précédente ?
On a atteint l’équilibre financier, donc on était très contents. Ce qui est paradoxal, c’est que les salles se sont remplies très tardivement, mais malgré ça, c’était notre meilleure édition. C’est aussi une réussite collective, grâce aux bénévoles, qui s’investissent énormément, parfois même au-delà de ce qui est prévu. La soirée 100 % féminine avait très bien fonctionné, tout comme l’après-midi impro. On sent que les Toulonnais ont envie de sortir, et qu’il y a de la place pour tout le monde.

Que nous réserve la programmation 2026 ?
On démarre mardi avec une soirée d’ouverture au Maz, hors du théâtre, comme chaque année. Ce sera un plateau de stand-up, avec notamment Luc Montigaud, un humoriste en situation de handicap, avec beaucoup d’autodérision. Il s’est lancé des défis complètement fous, comme traverser la France ou rejoindre la Corse en kayak. Jeudi, on retrouve la soirée Girls Power avec une belle énergie. Il y aura notamment Aude-Line, que j’ai découverte sur un festival à Bourges, très dynamique, un peu absurde, et primée là-bas ; ainsi que Lydie Albisser, et Béa Crizzz. Vendredi, place au solo avec Étienne Lautrette, révélé dans « Comedy Class ». Un stand-up très bien écrit, entre bon vivant et humour grinçant. Samedi, on part sur un univers complètement barré avec un spectacle autour du Titanic d’Emmeline Naert, avec chanson, accessoires et participation du public. Dimanche, on termine avec de l’impro : un spectacle pour enfants l’après-midi, où les thèmes viennent directement du public, puis un match d’impro avec la troupe Impro2Pro en soirée.

Quels sont tes projets du moment ?
Je reviens au stand-up. Voir autant d’artistes m’a redonné envie d’écrire. J’ai aussi tourné pendant plusieurs années avec mon spectacle « Florence », et j’ai fait beaucoup d’impro. Avec Impro2Pro, on intervient dans les collèges depuis deux ans. On apprend aux élèves les bases de l’impro, et on organise ensuite des rencontres entre établissements et, le 22 mai, on accueille au Comedia la grande finale. L’impro, c’est une école du lâcher-prise, surtout à cet âge où le regard des autres est très fort. On apprend à ne pas juger, à oser. Et parfois, ça crée des vocations.

Fabrice Lo Piccolo