Spectacles vivants

L’équipe du Vrrraimant! – Le dessin sort de l’atelier.

Festival Vrrraimant! du 23 au 25 octobre au metaxu à Toulon

Le Festival Vrrraimant! fête ses quinze ans en investissant le Metaxu, le passage et la place du Globe. Dix artistes dessineront en direct, tandis que performances musicales, rencontres et ateliers feront dialoguer dessin contemporain et musique. Rencontre avec les organisateurs Benoît Bottex, Virginie Sanna et Pauline Léonet, l’équipe du metaxu.

Quinze ans de Vrrraimant!, qu’est-ce que cela vous inspire ?
On a la sensation que c’est devenu un rendez-vous attendu par les Toulonnais. Le nombre de dossiers que nous recevons ne faiblit pas et notre proposition continue d’intéresser les artistes, ce qui nous encourage à poursuivre. En quinze ans, ce qui a surtout changé, c’est notre place dans le centre-ville et notre connexion avec le public et notre environnement. Cette migration du musée d’art vers le centre-ville a été très positive. Cette année, nous allons particulièrement investir la place du Globe, avec une scénographie spécifique. Le festival est gratuit et donc accessible à tous. Nous proposons aussi des ateliers pour les enfants et les adultes, notamment le dimanche après-midi. L’idée est vraiment de créer une proximité avec les habitants et de permettre au public d’entrer dans le processus de création. C’est un festival assez unique dans sa forme. Nous n’avons jamais vraiment vu de manifestation similaire ailleurs. Le fait de voir des dessinateurs créer en direct, de suivre l’évolution des œuvres pendant tout un week-end et de mettre cette pratique en dialogue avec la musique crée quelque chose de très vivant. Au fil des années, les artistes partagent entre eux, le public revient et voit les œuvres évoluer. C’est cette expérience collective qui fait l’identité du Vrrraimant!

Pouvez-vous rappeler le principe du Vrrraimant! à nos lecteurs ?
Des dessinateurs venus de différentes régions produisent pendant trois jours au metaxu, sur la place du Globe et dans le passage du Globe. Le soir, place aux rencontres entre musique et dessin : les artistes sont invités à créer en direct pendant une vingtaine de minutes, accompagnés par des musiciens. Le passage du Globe, habituellement un lieu que l’on traverse, devient ainsi une scène.
Le dessin est souvent une pratique solitaire. Ici, il devient une pratique ouverte et collective. Les artistes travaillent au milieu des autres et sous le regard du public. Les visiteurs peuvent voir une œuvre apparaître progressivement : le vendredi soir, les murs sont encore vides, puis, au fil des visites et des performances, l’espace se transforme. Le dimanche, on découvre le résultat de ces trois jours de création et les collaborations qui se sont nouées. Nous mettons également en place un système de projections vidéo pendant les lives, afin que le public puisse voir le dessinateur en train de travailler.

Quels artistes allez-vous accueillir ?
Nous avons réuni dix dessinateurs aux pratiques très différentes : Ambre Barré Venturini, Capucine de Warren, Carla-Luce Gatineau, Clef Grémil, Gaël Sillere, Johan Fernandes, Kenza Merouchi, Lisa Dumeige, Nativa Pasquali et Yann Bernard. Certains travaillent autour du corps au fusain ou au pastel (Carla Luce-Gatineau), d’autres développent un dessin très narratif (Clef Grémil), une peinture plus gestuelle et abstraite (Nativa Pasquali) ou un univers figuratif, onirique et satirique, où le quotidien est détourné et peuplé de personnages et de corps hybrides au crayon de couleur (Gaël Sillere). Cette diversité des pratiques et des façons de travailler est au cœur du festival.
Côté musique, nous aurons, entre autres, Furioza, le vendredi soir et un partenariat avec le Midi Festival, qui invite cette année l’artiste Marie Klock . Nous accueillerons également le metteur en scène varois Thomas Astegiano, qui proposera une description improvisée d’œuvres.
Fabrice Lo Piccolo