Spectacles vivants

Mathieu Madénian – J’ai décidé de foutre ma vie en l’air à cinquante ans !

« À pleurer de rire » au Festival d’humour Rires en Automne le 18 septembre à Vidauban

À cinquante ans, Mathieu Madénian a trouvé dans sa nouvelle paternité un terrain de jeu aussi intime qu’universel. Avant de présenter « À pleurer de rire », le 18 septembre à Vidauban dans le cadre de Rires en Automne, l’humoriste nous parle d’enfants, d’un monde qui vacille et de l’art d’en rire malgré tout.

Votre nouveau spectacle, « À pleurer de rire », est né de votre paternité. Comment s’est passé le processus d’écriture ?
Tous mes spectacles sont des accidents. Je suis incapable de me mettre à un bureau en me disant : « Il faut que j’écrive un spectacle. » Le premier racontait mon arrivée à Paris, le deuxième Charlie Hebdo, le troisième ma famille après le Covid. Et puis là, j’ai eu un bébé. On m’a dit : « Tu es fou de faire un enfant dans le monde actuel ! » J’ai trouvé que c’était un très bon prétexte pour parler de ce monde. Le spectacle aborde la paternité, mais l’enfant est surtout un point de départ pour parler de notre époque.

Le fait de devenir père tardivement a-t-il changé votre manière de penser ? Et votre façon de raconter votre enfant, en père faussement méchant, aide-t-elle les parents à déculpabiliser ?
Comme je n’ai pas été père à trente ans, je ne peux pas dire la différence ! Physiquement, ce n’est pas pareil. Mon ostéopathe peut en témoigner : depuis que j’ai eu un bébé, il me voit trois fois par an ! J’ai cinquante ans, un enfant, et un deuxième arrive en décembre. J’ai décidé de foutre ma vie en l’air à partir de cinquante ans !
Les parents sont abreuvés de conseils et se demandent s’ils seront à la hauteur. Mais personne ne l’est ! Faites de votre mieux. Vous ferez de la merde, mais au moins, ce sera de votre mieux ! Si mes vidéos peuvent les déculpabiliser, tant mieux.

Vous évoquez la difficulté d’avoir un enfant dans le monde actuel. Parvenez-vous malgré tout à rester optimiste ?
Tu parles à un mec qui est encore supporter de l’Olympique de Marseille : bien sûr que j’ai de l’espoir ! Il paraît que, dans dix ans, l’intelligence artificielle va tous nous détruire. Mais avec un enfant, on n’a plus le temps de regarder les informations ! Moi, je regarde Gulli, Peppa Pig ou T’choupi. Pourquoi regarder BFM ? Forcément, je me dis que le monde va bien. Et si l’eau arrive dans mon salon avec le réchauffement climatique, cela fera un nouveau jeu pour le petit !

Que représente pour vous le fait de venir jouer à Vidauban, dans le cadre d’un festival comme Rires en Automne ?
J’adore les festivals. C’est important culturellement, surtout lorsque l’on voit que de plus en plus disparaissent. Cela me tient à cœur de les soutenir. Jouer dans le Sud va aussi me faire du bien. Tout est réuni pour que ce soit une belle date. Et je pourrai venir sans mon enfant : maintenant qu’il est à la maternelle, j’ai une excuse ! Avant, j’embarquais toute la famille.

Après le spectacle, quels sont vos autres projets et vos prochaines actualités ?
Je publie « C’est que du bonheur », un livre de petites histoires sur la paternité et le monde actuel. Mon précédent s’appelait « Allez tous vous faire enculer ». Il ne faut peut-être pas les mettre l’un à côté de l’autre !
Je serai aussi dans « Ça va bien se passer », une fiction sur trois assistants sociaux, sélectionnée au Festival de la fiction de La Rochelle. Ma mère et ma sœur sont assistantes sociales. J’avais envie de parler de ces héros du quotidien dont tout le monde se fout aujourd’hui. Cela m’a permis de jouer tout en racontant quelque chose qui a du fond. La diffusion sur France Télévisions devrait avoir lieu au début de l’année prochaine.

Grégory Rapuc