Olivier Laurent dans les pas de Brel.
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Brel ! Le spectacle, le 23 octobre 2025 au Palais Neptune à Toulon
Depuis l’enfance, Olivier Laurent nourrit une fascination pour Jacques Brel. Après dix années de travail sur sa voix, sa gestuelle et sa présence scénique, le chanteur et imitateur lui consacre un spectacle qui dépasse la simple imitation. Accompagné de quatre musiciens, il revisite un répertoire qui mêle grands classiques, chansons moins connues et quelques surprises.
Qu’est-ce qui vous a donné envie d’incarner Brel ?
Tout ! Depuis tout petit, mon grand-père me l’a fait découvrir. Au départ, je coupais même le son et je regardais simplement son visage, ses mains, sa manière de bouger. J’aime tout chez cet homme : sa façon de vivre, de voir les choses, d’être sur scène. Il était très rock’n’roll, il vivait complètement ce qu’il chantait.
Votre spectacle est donc plus qu’un concert : c’est aussi un spectacle d’incarnation ?
Oui. Nous essayons d’apporter notre propre touche. J’ai notamment un point commun avec Brel : nous sommes tous les deux belges. J’ai naturellement cet accent quand je chante. Pour quelqu’un qui interprète Brel, c’est quand même un petit avantage !
Mais surtout, je partage la scène avec des musiciens extraordinaires. Nous ne chantons jamais exactement de la même manière d’un soir à l’autre. Il y a une part de liberté et de vie.
Qui sont les musiciens qui vous accompagnent ?
Philippe Villa au piano, Benoît Pierron aux percussions, Arnaud Pitalis à la contrebasse et Frédérique Viale à l’accordéon. Ils ont vraiment compris comment il fallait jouer Brel. Il faut être juste, mais aussi savoir être fragile. On sent cette complicité que nous avons construite sur scène.
Nous avons beaucoup tourné avec ce spectacle, mais je n’aime pas la routine. Je cherche donc régulièrement à le faire évoluer. Il faut le jouer différemment pour que la magie grandisse et perdure.
Comment réagit le public, notamment ceux qui ont connu Brel ?
Les gens qui ont vu Brel dans les années 1960 ou 1970 me disent parfois qu’ils ont l’impression de le revoir. C’est évidemment très touchant. Je fais ce spectacle avec énormément de respect et certains spectateurs pleurent. Cela montre à quel point les chansons de Brel sont encore vivantes.
Vous allez au-delà des chansons les plus célèbres ?
Bien sûr. Il y a les incontournables comme « Ne me quitte pas », « Les Vieux », « La Valse à mille temps » mais aussi des chansons beaucoup moins connues. Et puis il y a quelques surprises, j’« invite » des amis de Brel sur scène notamment. À l’origine, je suis imitateur. J’ai gagné des concours d’imitation et, dans un spectacle, je faisais une imitation de « Ces gens-là ». Quand il m’a vu, l’attaché de presse de Brel, Raymond Herrera, m’a proposé de faire un spectacle lui étant consacré. Après cinq ans de réflexion, j’ai finalement accepté. Nous l’avons monté en collaboration avec Gil Marsalla et ça a fonctionné.
Comment s’approprie-t-on un personnage aussi fort sans tomber dans la caricature ?
C’est dix années de travail. On se fait forcément critiquer, et c’est normal. J’ai énormément travaillé pour retrouver tous les détails, mais aussi pour comprendre ce qu’il y avait derrière.
Raymond Herrera m’a beaucoup aidé dans cette démarche. Il fallait surtout travailler sur moi-même et éviter la caricature. Il y a eu beaucoup de remises en question, des moments de doute, parfois de peur, mais aussi énormément de joie. C’est un travail très intense.
Avez-vous une chanson de Brel que vous préférez interpréter ?
Cela dépend beaucoup de mon état d’esprit. Si je suis triste, je vais naturellement aller vers les chansons les plus tristes. En ce moment, mon papa est malade, et lorsque je chante « Les Vieux », je ne la chante forcément pas de la même manière.
À l’inverse, quand je suis en forme, je prends énormément de plaisir avec le public sur « Les Bourgeois ». C’est aussi ce qui me plaît dans ce spectacle : Brel permet de passer par toutes ces émotions.
Fabrice Lo Piccolo