Arts plastiques

Olivier Lavorel et Boris Campistron – La puissance de la peinture et de la sculpture.

Du 3 octobre au 21 novembre à la Galerie Estades à Toulon

La Galerie Estades à Toulon réunit les œuvres des varois Olivier Lavorel et Boris Campistron. Peintre des paysages urbains et naturels pour le premier, sculpteur animalier pour le second, les deux artistes partagent un goût pour la matière, le mouvement et les formes vivantes.

Olivier, votre parcours vous a d’abord éloigné de l’art. Comment êtes-vous devenu peintre ?
Je suis ingénieur agronome et j’ai travaillé pendant trente ans dans un groupe agroalimentaire. Je rêvais de devenir photographe et, en 2007, j’ai pu quitter le groupe. J’ai voulu devenir « peintre du désert » et suis parti au Maroc en 4×4, mais peindre le presque rien ne me plaisait pas. En revanche, j’ai adoré peindre les médinas. J’ai trouvé ma place dans ces paysages urbains, ces accumulations qui ressemblent à des puzzles. Installé aujourd’hui à La Seyne, j’ai continué à travailler sur les villes, puis j’ai peint des paysages, notamment des rochers et des falaises. De loin, le tableau peut ressembler à une photographie ; de près, on voit les coups de pinceau. Mon propos n’est pas d’être exact, mais d’être juste. Dans les villes, ce qui m’intéresse, c’est la beauté qui apparaît à travers les contraintes. Vues d’en haut, elles révèlent des harmonies de matériaux et de structures qu’on ne perçoit pas au quotidien. Pour les paysages, je ne veux pas simplement représenter quelque chose de joli. Derrière un paysage, il y a un processus géologique très fort. J’essaie d’évoquer ces forces au-delà de ce que l’on voit immédiatement.

Boris, comment êtes-vous arrivé à la sculpture ?
J’ai d’abord suivi une formation en gestion, puis j’ai bifurqué vers le design graphique. Après mon diplôme, j’ai finalement choisi la peinture. Avec d’anciens collègues de l’école d’art, nous avons sculpté des citrouilles pour Halloween. J’ai aimé travailler l’argile, et j’ai alors commencé à sculpter des animaux que je plaçais sur une armature. Mais les pièces étaient trop fragiles pour être commercialisées. Michel Estades m’a proposé de passer au bronze, ce qui m’a permis de diffuser mon travail. Enfant, je faisais beaucoup de sorties dans la nature et j’allais régulièrement dans les parcs animaliers. J’ai toujours eu des chats à la maison, donc j’ai développé une fascination pour les félins. Je me suis ensuite diversifié : je travaille sur tout le spectre animal… et j’ai aussi réalisé des bustes. Je tiens au côté brut de mes sculptures. Les traces d’outils, que j’utilisais au départ pour construire les formes, sont aujourd’hui conservées volontairement. Elles évitent que la sculpture paraisse figée.

Quelles œuvres allez-vous présenter à Toulon ?
Olivier : Je présenterai des toiles de ville dont « Les Invalides » et « Saint-Germain » à Paris, ainsi qu’une série autour des calanques.
Boris : Il y aura beaucoup de félins, mais aussi une nouvelle sculpture représentant un malinois, retenue d’ailleurs pour le Salon national des artistes animaliers.

Comment votre relation avec la Galerie Estades s’est-elle construite ?
Boris : J’ai été recommandé à Michel. Il est venu voir mon travail et m’a conseillé de continuer. J’ai préparé une dizaine de pièces, il en a retenu trois et m’a présenté à la fonderie Barthélémy. Cela m’a vraiment aidé à me lancer. Cela fait maintenant six ans que nous travaillons ensemble.
Olivier : Pour moi, la relation est plus récente. Je suis arrivé à la galerie avec deux toiles et je me suis tout de suite senti à ma place. Michel a aimé mes œuvres et nous avons commencé à travailler ensemble. Ayant moi-même tenu une galerie, je sais à quel point le soutien d’un galeriste est important.

Fabrice Lo Piccolo

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