Philippe Car – Philippe Car fait revivre Rostand sur scène
La Fabuleuse histoire d’Edmond Rostand » à l’Espace Malraux à Six-Fours le 22 Mai 2026
Avec « La Fabuleuse Histoire d’Edmond Rostand », Philippe Car propose un seul-en-scène aussi ludique qu’érudit, retraçant le parcours du célèbre auteur de Cyrano de Bergerac. Seul sur scène – ou presque – il incarne une quarantaine de personnages et nous plonge dans les coulisses de la création artistique. Un spectacle vivant, inventif et accessible à tous, programmé par Fantaisie Prod à l’Espace Malraux.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de raconter la vie d’Edmond Rostand ?
À l’origine, c’est la famille Rostand qui est allée voir le directeur du Théâtre du Gymnase à Marseille pour trouver un metteur en scène capable de monter « Chantecler », une pièce très ambitieuse. Le directeur, Dominique Bluzet, leur a suggéré mon nom. J’ai donc rencontré un membre de la famille chargé de faire vivre la mémoire de Rostand. J’ai lu « Chantecler », puis l’ensemble de son œuvre. À force d’échanges, une relation de confiance s’est installée. Je leur ai finalement proposé de raconter toute la vie de Rostand, seul en scène. Je trouvais que cela correspondait à l’histoire d’un homme profondément solitaire, malgré son entourage. La famille m’a laissé carte blanche. J’ai aussi travaillé avec un spécialiste de Rostand à Cambo-les-Bains, et même écrit en résidence dans sa maison. J’ai été complètement immergé dans son univers.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué chez lui ?
Ce qui m’a frappé, c’est le contraste entre son immense talent et le regard parfois critique porté sur lui. Déjà à son époque, il était en partie dénigré par certains milieux intellectuels, notamment parce qu’il rencontrait un grand succès et qu’il continuait à écrire en vers, à contre-courant des tendances de son temps. Or, j’ai découvert un véritable génie de l’écriture : une langue exceptionnelle, des idées fortes, une grande sensibilité. Ce double regard – admiration et mise à distance – m’a profondément intéressé.
Comment avez-vous construit la mise en scène ?
Je joue tous les personnages – une quarantaine, y compris des animaux. J’ai voulu éviter toute narration classique. Le spectacle fonctionne comme un film : on enchaîne les scènes de sa vie, sans narrateur, sans annoncer les ellipses. Le passage du temps et les changements de lieu sont intégrés directement dans les dialogues. Ce sont les personnages eux-mêmes qui donnent les repères au public. Je suis seul en scène, mais accompagné d’un musicien, qui joue également quelques rôles secondaires et participe à la scénographie. Cela donne un spectacle très vivant.
Votre approche artistique a-t-elle évolué avec le temps ?
Oui, forcément. Mon travail s’est construit à partir de mes influences, notamment le cinéma et les grands metteurs en scène que j’ai découverts en pratiquant le théâtre. Une rencontre importante a été celle avec une danseuse qui m’a formé au théâtre gestuel. Cela a orienté mon travail vers un théâtre d’images, centré sur les interprètes plutôt que sur le décor. Depuis les années 2000, la musique occupe une place essentielle. Tous les comédiens de la compagnie sont aussi musiciens. Le compositeur Vincent Trouble crée les musiques originales et joue parfois dans les spectacles. Nous avons développé un vrai langage commun entre jeu et musique.
Qu’attendez-vous de votre venue à Six-Fours ?
Je suis très heureux de venir jouer à Six-Fours. J’aime beaucoup les lieux où la programmation est plus ponctuelle : le public est souvent très enthousiaste et reconnaissant. Je suis certain que les spectateurs vont passer un très bon moment. Nous allons nous amuser avec eux, et c’est l’essentiel.
Grégory Rapuc