Philippe Chuyen – Théâtre et création à la rencontre du public.

Les Nuits en Balade du 13 août au 6 septembre en Provence Verte 

Les Nuits en balade se dérouleront en été cette année. Théâtre, danse, cinéma et grands textes revisités seront proposés dans les communes de la Provence Verte. Philippe Chuyen, directeur artistique d’Artscénicum, présente cette nouvelle formule au plus près des territoires et des habitants.

Les Nuits en balade adoptent une nouvelle formule cette année. Quelle est-elle ?
Nous avions jusqu’ici un festival d’été installé à Montfort depuis 1999 : les Nuits du Château. Et nous réalisions les Nuits en Balade en hiver. Nous avons décidé d’échanger et de faire ce festival itinérant en été. L’idée est de profiter des équipements de plein air des différentes communes de Provence Verte pour aller à la rencontre des publics. La manifestation est d’ailleurs aidée par l’agglomération de la Provence Verte. Montfort reste un point d’ancrage, mais l’été devient une traversée du territoire. En parallèle, nous conserverons une saison plus sédentaire à Montfort l’hiver, période où l’offre culturelle est moins dense.

Quelle est la ligne artistique du festival ?
Nous restons fidèles à une programmation pluridisciplinaire, avec une forte présence de productions de notre compagnie Artscenicum. Un des spectacles phares reste « Les Pieds Tanqués », que nous jouerons notamment le 23 août à Cotignac et le 6 septembre à Pourrières, et également à Avignon en juillet. C’est une pièce qui mêle fiction et mémoire autour d’une partie de pétanque où se confrontent des histoires liées à la guerre d’Algérie, aux héritages familiaux et aux blessures du passé. Au fil du jeu, les personnages apprennent à coexister malgré leurs oppositions.

Quelles autres propositions marquent cette édition ?
Nous accueillons aussi de la danse avec « Volero » de la Ridz Compagnie, le 13 août à Montfort. C’est une création de la chorégraphe Simonne Rizzo, inspirée de la culture gitane et du « Boléro » de Ravel, une belle incursion dans la danse contemporaine portée par une compagnie varoise. Le cinéma sera également présent avec « Maquisards » de Christian Philibert. Ce documentaire autour de la mémoire du Maquis Vallier sera présenté en avant-première de sa sortie en salles en septembre, à Carces et à Brignoles les 17 et 18 août. Il est issu de notre création théâtrale du même nom qui a tourné lors du vingtième anniversaire du débarquement de Provence, réalisée avec des jeunes issus de missions locales. Nous proposerons aussi « Les Fourberies de Scapin » par le Théâtre du Kronope, au Val le 16 août, une relecture très vivante du texte de Molière, mêlant masques, marionnettes, acrobaties et musique.

Le festival fonctionne en lien étroit avec les communes. Comment cela se traduit-il ?
Chaque commune choisit d’accueillir les spectacles selon ses moyens et sa politique culturelle. Certains événements sont gratuits, d’autres en billetterie. Cette souplesse permet d’adapter l’offre au territoire.

Quel est l’enjeu de cette itinérance ?
C’est avant tout une manière de proposer du théâtre contemporain et des créations professionnelles dans des communes qui n’ont pas toujours l’habitude d’en programmer. Nous voulons faire découvrir la création régionale, la danse, le théâtre, et permettre aux publics de rencontrer des artistes qui vivent et travaillent sur leur territoire. C’est aussi un moyen de renforcer le lien entre les habitants et les compagnies locales, et de faire circuler les œuvres au plus près des publics.