Spectacles vivants

S. Samsonova-Corradi – L’Orient-Express : un imaginaire très fort.

Orient-Express Confidences le 2 octobre au Théâtre Jules Verne à Bandol

Le mythique train fera escale au théâtre Jules Verne de Bandol le 2 octobre. Avec « Orient-Express Confidences », la pianiste et metteuse en scène Svetlana Samsonova-Corradi imagine un voyage à travers la musique, le théâtre et la danse, nourri par l’histoire de la ville et de ses habitants.

Comment est née l’idée d’Orient-Express Confidences ?
Au départ, il devait s’agir d’un concert à quatre mains au conservatoire de Montbéliard, où j’enseigne. J’ai accepté, mais je ne voulais pas faire « seulement » un concert. J’ai proposé un concert-spectacle conçu comme un voyage musical. L’Orient-Express s’est imposé : son imaginaire est très fort. Nous avons recherché les personnages qui auraient pu monter à bord, la vie dans ce train de luxe et l’histoire des villes où il s’arrêtait.

Pourquoi avoir réuni la musique, le théâtre et la danse ?
J’ai pratiqué le théâtre et la danse plus jeune et conservé cette passion, même si la musique est devenue mon métier. J’essaie de marier ces disciplines dans tous mes projets. Le spectacle réunit aussi, sur scène, professionnels et amateurs. À Montbéliard, danseurs et comédiens étaient des élèves du conservatoire avec leurs professeurs. Mon mari, Hervé Corradi, a écrit le texte à partir de mes informations musicales et de ses recherches. La première représentation a rencontré un tel succès que nous avons dû refuser beaucoup de monde.

Comment avez-vous construit la fiction à partir de faits historiques ?
Tous les personnages ont existé. Ils ont vécu dans les régions traversées ou y sont passés. Nous partons de faits et d’anecdotes véridiques, puis Hervé imagine les situations et les dialogues. La musique participe au récit : nous jouons Milhaud, Satie, Rachmaninov, Brahms, Liszt ou Moszkowski, surtout connu pour ses études alors qu’il a écrit de très belles pièces. Il y a aussi des œuvres contemporaines, dont une commande composée pour le spectacle. L’essentiel du programme est interprété à quatre mains avec Annie Corrado et moi, sauf deux pièces jouées en solo.

Comment cette nouvelle escale a-t-elle été adaptée à Bandol ?
Cela s’est fait naturellement, car mon mari est originaire du Var et a passé toutes ses vacances d’enfance à Bandol. Il connaît très bien la ville, mais a mené de nouvelles recherches et recueilli les souvenirs d’anciens Bandolais pour être aussi précis que possible. À Montbéliard, nous évoquions le château des ducs de Wurtemberg et Peugeot. Ici, l’île de Bendor et Paul Ricard entrent en jeu. Au-delà de la célèbre boisson, le spectacle révèle des aspects méconnus de son parcours. Les comédiens sont d’anciens camarades de théâtre de mon mari et quatre adolescentes de l’école de danse bandolaise Étoiles 2 Rue participeront au voyage.

Vous êtes à l’origine du projet, à la mise en scène et au piano. Comment vivez-vous ces différents rôles ?
La charge mentale est forcément plus importante : je ne peux pas jouer ma partie sans penser au reste. Il faut travailler le moindre détail et effectuer des réglages jusqu’au dernier moment. Le spectacle possède une forte dimension visuelle, sur laquelle mon mari a travaillé, avec différents plans de lumière selon les morceaux et les épisodes. C’est exigeant, parfois très stressant, mais aussi extrêmement plaisant. Il connaît bien le théâtre Jules-Verne pour y avoir joué comme comédien ; cette fois, il sera à la régie. Nous espérons que le public sera curieux de découvrir ces anecdotes sur Bandol et qu’il se laissera emporter par la musique, le théâtre et la danse.

Grégory Rapuc